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Le chef de cabinet de la ministre Roy visé par les libéraux

Photo d'archives

Les libéraux affirment que le chef de cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, est dans une situation d’apparence de conflit d’intérêts inacceptable en raison des liens qu’il a gardés avec une maison de disques qui reçoit des subventions d’une société d’État qu’il supervise.

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La députée Christine St-Pierre, porte-parole libérale en matière de culture, constate que Sandy Boutin est toujours impliqué dans la gestion de son entreprise, Simone Records, dont il est le seul actionnaire et administrateur.

« Sa compagnie, dont il est seul actionnaire, reçoit de l’argent de l’État et on parle de très grosses sommes », a-t-elle dit en entrevue.

Notre Bureau d’enquête a rapporté jeudi que M. Boutin s’est conformé aux règles en vigueur en déclarant ses intérêts à la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, dès son entrée en poste au cabinet de Mme Roy, en 2019.

Des balises visant à réduire les risques de conflits d’intérêts ont été mises en place. Mais des experts estiment que M. Boutin ne devrait plus communiquer avec son entreprise, contrairement à ce qu’il fait toujours. Le consultant en gouvernance Michel Nadeau suggère qu’il place ses actifs dans une fiducie sans droit de regard.

Incompatibilité

Les libéraux estiment que cette option serait souhaitable dès maintenant, même si elle n’est prévue que pour les ministres dans pareille situation.

« Est-ce que quelqu’un qui a une compagnie pharmaceutique pourrait être chef de cabinet du ministre de la Santé ? Je pense que la réponse est non, a dit Mme St-Pierre. C’est un conflit d’intérêts qui est clair. »

Selon Mme St-Pierre, les règles actuelles devraient être resserrées pour éviter les apparences de conflits d’intérêts.

Inacceptable

Le porte-parole libéral en matière de justice, Marc Tanguay, a interpellé directement la ministre de la Culture pour lui demander de « faire cesser cette situation inacceptable ».

« La ministre doit impérativement faire cesser cette situation inacceptable », a-t‐il déclaré dans un communiqué.

Le cabinet de Mme Roy n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

Simone Records a reçu l’an dernier près de 400 000 $ de subventions de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), une société d’État.