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Faut-il craindre de commencer à investir son épargne ?

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Illustration Adobe Stock

Qu’entend-on ces temps-ci au sujet de la Bourse ? On raconte qu’il y a bulle, que l’exubérance s’empare du marché, que ça ressemble à l’an 2000. Vous rappelez-vous l’an 2000 ?

On se dit alors que ça ne peut pas finir autrement que par une déflagration et de l’argent qui se volatilise. 

Je me mets dans la peau de celui qui, après sa lecture des épîtres de Warren Buffett, se sent fin prêt à faire ses premiers pas en investissement, fort d’une tolérance au risque moyennement élevé, impatient d’aller récolter son 4-5 % à l’intérieur de son CELI... La peur me paralyserait ! 

Il faut plonger quand même. Mais comment ?

Diversification instantanée 

La façon d’obtenir des rendements supérieurs à long terme passe par la sélection et la conservation de titres d’entreprises de grande qualité. Il n’y a pas d’autres moyens de battre le marché que de choisir les meilleures du groupe.

Mais les rendements du marché, c’est bien suffisant quand on commence en investissement, et même sur toute une vie. Et c’est facile à obtenir grâce aux fonds négociés en Bourse (FNB).

Avec un seul fonds, on se retrouve automatiquement avec des centaines d’entreprises en portefeuille. Ça ne protège pas de la volatilité, mais à long terme, notre portefeuille devient insubmersible si on choisit des FNB indiciels à gestion passive. Ils reproduisent les grands indices boursiers et les principales catégories d’actifs : bourses canadiennes, bourse américaine, marchés mondiaux, obligations.

Leurs grandes qualités ? Leurs frais sont dérisoires et ils se négocient aussi facilement que des actions sur n’importe quelle plateforme de courtage. 

Avec seulement quatre fonds de catégories différentes, on se retrouve avec un portefeuille diversifié couvrant l’économie mondiale. On peut se simplifier la vie encore davantage en se tournant vers un seul produit qui fait toute la job, les FNB de répartition d’actifs.

Abordables, ces produits équilibrés sont offerts par la plupart des grands manufacturiers de FNB (iShares, BMO, Vanguard...) et déclinés pour tous les profils d’investisseur, de prudent à dynamique. Ils font toute la job. 

Autour de ce noyau, on peut ensuite ajouter des fonds spécialisés (énergie, technologies, santé, ESG...) et des titres d’entreprises. À mesure qu’on acquiert des connaissances sur la Bourse et les entreprises, les FNB perdront progressivement de l’importance dans le portefeuille en faveur de ses choix de placements personnels.

Ne succombez pas au market timing 

Le pire ennemi de l’investisseur n’est nul autre que lui-même. Il entre dans le marché quand la Bourse a monté, il en sort quand elle a descendu. Il achète dans l’anticipation d’une hausse qui ne vient pas, il vend ou retient ses achats quand il flaire une baisse qui tarde à se concrétiser. 

Voilà qui explique qu’en général, les investisseurs connaissent des rendements pitoyables, inférieurs à ceux du marché. Personne ne peut prédire la direction de la Bourse à court terme. En revanche, on sait qu’elle monte à long terme. Ceux qui s’en tirent le mieux sont ceux qui oublient l’existence de leur portefeuille. 

Que faire maintenant ? On conseille souvent aux investisseurs qui craignent une chute imminente des cours boursiers d’acheter par tranches, par exemple en investissant 25 % de son pécule tous les trois mois. On n’a rien contre, si la méthode vous rend serein. 

Cette approche fait le pari d’une baisse à très courte échéance, car si la chute survient dans un an, l’investisseur se sera privé d’une bonne partie des rendements précédant la correction, sans éviter celle-ci. 

On ne sait pas. Alors on y va, à plus forte raison si on est jeune, en diversifiant son portefeuille, puis en misant sur des titres de qualité. Puis on va jouer dehors et on n’y pense plus.