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Se réinventer: des emplois payants disponibles

Maxime Pelletier est vitrier depuis près de huit ans. Le membre du local 135 de la FTQ Construction adore son travail… et sa paye de près de 42 $ l’heure.  On le voit ici, au coin Peel et Wellington, à Montréal, sur le chantier d’Édyfic.

Photo Martin Alarie

Maxime Pelletier est vitrier depuis près de huit ans. Le membre du local 135 de la FTQ Construction adore son travail… et sa paye de près de 42 $ l’heure. On le voit ici, au coin Peel et Wellington, à Montréal, sur le chantier d’Édyfic.

Des tuyauteurs à 39 $ l’heure, des poseurs de bardeaux à 34 $ l’heure, des carreleurs à 35 $ l’heure avec une formation de niveau secondaire ou encore des postes en santé et en techno bien payés attendent les chercheurs d’emploi à court d’idées.

« Le gouvernement a bien ciblé ces trois secteurs-là : construction, santé et technologie de l’information (TI) », lance d’emblée David Lampron, associé de L’Équipe Humania, spécialisée en ressources humaines.

Dans sa campagne « Emplois d’avenir », le gouvernement du Québec a classé, selon le profil des travailleurs, une soixantaine de professions qui manquent cruellement de bras.

Réaliste, instigateur, artistique, social, entreprenant, conventionnel... Le site web propose des métiers selon les intérêts et la personnalité des candidats avec des salaires dans les 20 $, 30 $, 40 $ ou même 50 $ l’heure.

« Tout n’est pas que salaire, donc prudence. Tu ne veux pas que le candidat soit charmé par le salaire seulement », prévient cependant David Lampron, qui estime que les PME en mode embauche doivent être franches et aviser les candidats quand elles voient qu’ils n’ont pas la tête de l’emploi.

À l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), on confirme que les besoins sont toujours aussi criants.

« Pensons bien qu’avec plus de 50 000 mises en chantier en 2020, le carnet de commandes à livrer dans les prochains mois est assez chargé. Donc les pressions sont encore bien présentes », résume son vice-président, François Bernier.

Pour Mia Homsy, PDG de l’Institut du Québec (IDQ), la crise que l’on vient de vivre a exacerbé les pénuries de main-d’œuvre et ses effets risquent de se faire sentir longtemps encore.

« En santé, en enseignement, en services professionnels, scientifiques et techniques, en technologie de l’information (TI), il y a énormément de besoins », observe-t-elle.

D’après Mia Homsy, il faut aussi garder en tête qu’une fois tout le monde vacciné et la vie normale revenue, des secteurs comme la restauration, l’hébergement et la culture auront eux aussi besoin à nouveau de travailleurs.

Nettoyeurs de vie privée 

En plus de ces besoins urgents, la nouvelle réalité du télétravail amène son lot de problèmes à régler au quotidien dans les entreprises et donne naissance à des emplois qui n’existaient pas auparavant.

Gestionnaires de données inutiles, agents de sécurité virtuels, nettoyeurs de vie privée virtuels, détectives de données RH, facilitateurs de télétravail... une panoplie de nouveaux postes font leur apparition.

« Il y a une sphère de nos vies qui évoluera et entraînera la création de nouveaux types d’emplois autour de la réalité virtuelle », analyse Jean-Sébastien Boulard, chef de pratique, Performance de la firme Normandin Beaudry.

« Avant, un mécanicien devait apprendre la mécanique. Aujourd’hui, il n’y a pas une voiture qui n’a pas un ordinateur de bord », résume-t-il.

L’an dernier, comparativement à l’année 2019, l’emploi au Québec a diminué de 200 700 (-4,6 %). Dans cette période, l’emploi à temps partiel et celui à temps plein ont baissé de 106 500 et de 94 200, selon des résultats de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada colligés par l’Institut du Québec (IDQ). 

« On fait des augmentations de salaire aux six mois »  

Augmentation salariale aux six mois, six semaines de vacances à l’entrée, télétravail généralisé... Les entreprises en technologies de l’information (TI) sortent l’artillerie lourde pour attirer la main-d’œuvre en pleine pandémie.

« Je gère mes équipes du Canada, de la France et la Belgique de mon chalet au Lac-Saint-Jean quatre mois par année. Je travaille de là-bas. Quand j’ai vraiment besoin d’aller en Europe, je prends l’avion de Bagotville », explique Alain Lamothe, PDG de GFT pour ces régions du groupe allemand de service-conseil TI en assurances de 5500 employés.

« À l’embauche, c’est six semaines de vacances par année, que tu aies un an d’expérience ou 10 ans. On fait des augmentations de salaire aux six mois plutôt qu’annuellement parce que nos travailleurs se font solliciter », dit-il.

Nouveaux métiers 

Comme lui, Jean-François Allard, leader national en matière de crise et de résilience chez Deloitte Canada, est d’avis que le secteur explose.

« Il y avait déjà une flambée des salaires des experts en sécurité informatique, mais elle s’est accentuée avec la COVID-19 », souligne-t-il.

À l’Association québécoise des technologies (AQT), sa PDG, Nicole Martel, rappelle qu’il manquait plus de 6500 travailleurs avant la pandémie, ce qui cause des maux de tête à une entreprise sur deux.

« Le défi est grandissant puisque le virage numérique est omniprésent partout et tous les secteurs (manufacturiers, transport, etc.) cherchent aussi à acquérir ces talents. L’arrivée de la pandémie et la recrudescence du commerce électronique amplifient le problème », conclut-elle.

L’automne dernier, cinq missions de recrutement virtuelles du gouvernement québécois ont attiré 47 000 candidats pour 1208 postes en technologies de l’information (TI), communications, santé, manufacturier, transformation alimentaire, transport et jeux vidéo. 

Industries avec plus d’emplois qu’avant la pandémie   

  • Services d’enseignement (+32 600 ; +10,3 %)  
  • Services professionnels, scientifiques et techniques (+24 300 ; +7,0 %)  
  • Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien (+5600 ; +3,4 %)   

Industries avec moins d’emplois qu’avant la pandémie   

  • Services d’hébergement et de restauration (-93 300 ; -36,1 %)  
  • Information, culture et loisirs (-37 400 ; -20,6 %)  
  • Construction (-25 400 ; -9,0 %)   

Sources : Enquête sur la population active (décembre 2020) et ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale

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