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CIUSSS: près de 500 000$ dépensés pour des firmes externes

Hôpital général juif

Photo d'archives, Chantal Poirier

Deux CIUSSS montréalais ont déboursé près d’un demi-million $ pour des firmes externes en communication durant la pandémie, alors qu’ils disposent déjà de leur propre équipe et que les médias se voient interdire l’entrée des hôpitaux.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui gère notamment l’Hôpital général juif, a signé trois contrats avec la firme de communications stratégiques Avenue, totalisant 240 000 $.

Le porte-parole de ce CIUSSS, Carl Thériault, affirme par courriel que « la participation de cette firme est devenue essentielle en raison de l’absence de leadership en ce qui concerne la gestion de l’Équipe des communications. »

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, responsable de l’Hôpital général du Lakeshore, a quant à lui embauché l’entreprise TACT Intelligence-conseil pour deux contrats, soit un premier totalisant 40 000 $ et un deuxième de 99 999 $.

Par courriel, l’organisation souligne cependant n’avoir déboursé que près de 25 000 $ jusqu’à présent en lien avec ce dernier contrat pour la deuxième vague. 

Le CIUSSS indique que cet appel à une firme externe était pour « pour soutenir, au besoin, son équipe aux communications. »

Ces dépenses, recensées dans le Système électronique d’appel d’offres (SEAO), font sourciller l’expert en gestion de la santé André-Pierre Contandriopoulos. Non seulement parce que les montants dépensés sont importants, mais aussi par le manque de transparence qu’elles impliquent.

Pas de transparence

« On parle d’organisations publiques, financées directement par les impôts, qui semblent se protéger d’un regard public sur ce qu’elles font. Ça a quelque chose de particulier », souligne le professeur émérite en administration de la santé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. « Pourquoi [des organisations publiques] auraient à se protéger des regards, à trier ce qu’elles vont dire ou faire attention aux mots ? », se demande-t-il.

La COVID-19 semble accentuer la prudence des établissements, fait-il valoir, car ils deviennent de plus en plus opaques, notamment en interdisant les visites et en empêchant le personnel de parler librement.

D’ailleurs, à la fin janvier, les grands médias du Québec ont publié une lettre ouverte demandant au gouvernement et aux CIUSSS de permettre l’accès aux hôpitaux, interdit depuis des mois, afin de témoigner de l’impact de la pandémie.

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, a refusé de commenter ces dépenses.

Avec la collaboration d’Andrea Valeria