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Ce médecin ne veut plus travailler avec la pagette

La pandémie qui sévit toujours au Québec, malgré une amélioration des bilans sanitaires et des hospitalisations, laissera des traces de son passage, mais il ne faut surtout pas retourner aux anciennes façons de faire, juge un médecin spécialiste. 

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Pour arriver à se relever de cette crise sans précédent, il faut faire preuve d’innovation, juge le Dr Hoang Duong, président de l’Association des spécialistes en médecine interne du Québec.

C’est qu’en plus de devoir soigner les patients atteints de la COVID-19, le personnel de la santé, dont certains sont eux-mêmes malades et affaiblis par la situation actuelle, veulent rattraper le temps perdu au cours des derniers mois. 

«Or la meilleure façon de rattraper le temps perdu n’est pas de travailler plus fort ou plus longtemps, c’est d’améliorer nos processus et rattraper notre retard technologique», explique-t-il en entrevue sur les ondes de LCN. 

La pagette, par exemple, utilisée tous les jours par des centaines de médecins au Québec, est une technologie qui n’est pas efficace, explique le Dr Duong. 

«Je dois m’en servir tous les jours! L’hôpital communique avec moi tous les jours avec la pagette. Je dois rappeler en utilisant le téléphone, l’infirmière doit répondre et desfois c’est pour échanger une information banale comme ''voyez Mme X dans la chambre Y''. Une information qu’on pourrait texter très facilement, mais ça ne se fait pas», déplore-t-il. 

Autre exemple criant : une infirmière aux soins intensifs lui a confié qu’elle passait 80% de son temps à écrire ses notes dans le dossier. 

«80% du temps qu’elle ne peut pas consacrer directement aux patients. Je suis convaincu qu’on pourrait colliger des notes dans un système informatique en cliquant. Ça pourrait sauver du temps à notre infirmière», souhaite-t-il. 

Par ailleurs, il considère que si tout le monde travaillait en équipe, les solutions viendraient facilement et rapidement. 

«Lors de la première vague, je me souviens, il y avait des murs qui s’érigeaient, on changeait les façons de faire, on était très innovant et rapide face à la situation. C’est tout un hommage à la créativité dont le réseau est capable. Mais pour ça, il faut continuer dans la bonne direction. Il faut profiter de cette pandémie pour se moderniser», insiste-t-il. 

Bien que ses propositions semblent être bien reçu, il ressent toutefois une certaine peur. 

«On a toujours fait les choses de la même façon et on pense que si on change, la qualité va en souffrir, mais il faut renverser les choses. C’est en retournant aux vieilles habitudes de la qualité va décliner», se dit-il convaincu. 

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus. ***

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