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Des premières éclosions après 10 mois de pandémie

La résidence pour aînés Fulford, à Montréal, avait réussi à déjouer la COVID-19 pendant les 10 premiers mois de la pandémie.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

La résidence pour aînés Fulford, à Montréal, avait réussi à déjouer la COVID-19 pendant les 10 premiers mois de la pandémie.

Les retards dans la vaccination au Québec inquiètent les résidences pour aînés toujours aux prises avec des éclosions de COVID-19, certaines pour la première fois depuis le début de la pandémie.

« C’est tellement triste, ils avaient fait un si bon travail pour garder le virus hors des murs », confie la Montréalaise Katherine Snow. 

Sa mère de 99 ans, Jean, est l’une des huit victimes de la première éclosion de la résidence pour aînés (RPA) Fulford.

Même si le vaccin n’avait pas nécessairement sauvé sa mère, elle se désole que l’aînée n’ait pas reçu une dose, alors qu’elle vit dans une RPA offrant des soins aux résidents, au même titre que les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

L’éclosion à la Résidence Fulford a infecté presque tous les 31 résidents et plus de la moitié du personnel, selon la propriétaire Anne-Marie Lacoste, elle-même infectée et en télétravail.

« Ça s’est répandu comme une traînée de poudre [...]. On n’avait jamais eu de cas, c’est dommage », souffle-t-elle.

Clentièle à risque

L’éclosion a été découverte le 12 janvier, 10 mois après le début de la pandémie, lorsqu’une résidente, qui a dû passer un examen à l’hôpital, s’est révélée positive. Malgré les masques et les mesures en place, un dépistage massif des aînés et des employés a transformé l’établissement en une seule zone rouge.

« J’aurais souhaité que les endroits avec soins soient vaccinés en même temps que les CHSLD, parce que les résidents sont les plus à risque », estime Mme Lacoste.

Ses clients, âgés et dont plusieurs souffrent de démence, peinent à bien comprendre les règles sanitaires, comme la distanciation physique ou le port du masque, poursuit-elle.

Avec les doses de vaccin qui demeurent rares, le Dr Quoc Dinh Nguyen, gériatre spécialisé en épidémiologie, exhorte également le gouvernement à prioriser les établissements qui desservent une population vulnérable.

Il souligne que les RPA ne sont pas toutes égales à cet effet, certaines desservant une population très autonome et d’autres offrant des soins à des aînés atteints de pertes cognitives.

D’autres RPA touchées

À la Résidence Le Dahlia de L’Assomption, dans Lanaudière, une première éclosion a aussi infecté au moins 18 résidents, soit 70 % de la bâtisse.

La directrice Marie-Cristelle Comeau assure avoir le contrôle. 

« Ça aurait été intéressant d’avoir une vaccination plus rapide, ça nous aurait peut-être sauvés de la situation que nous vivons actuellement », dit-elle.

L’effort de vaccination a énormément ralenti au Québec avec les retards dans la livraison des doses au Canada des pharmaceutiques. 

Des RPA en situation critique  

Manoir Belle Époque, Montréal | 48 cas et 2 morts 

Résidence Place Primevère, Estrie | 25 cas et 6 morts  

Résidence Saint-Philippe, Estrie | 31 cas et 3 morts 

Résidence Val-Mauricie, Mauricie | 16 cas et 3 morts 

Le Phare de Paix, Lanaudière | 18 cas et 1 mort   

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux, en date du 1er février