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L’aide financière, les impôts et les REER, comment s’en tirer

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Photo Adobe Stock

Vous ai-je dit que 2020 serait une année fiscale weird ? Je vous ai parlé des déductions d’impôts pour les télétravailleurs pandémiques, mais c’est une bagatelle en comparaison des acrobaties auxquelles doivent se livrer les bénéficiaires de la PCU et, plus encore, ceux qui ont perçu la Prestation canadienne de relance économique (PCRE).

Le traitement fiscal des revenus tirés de ces deux programmes diffère de façon importante. 

Il faut le rappeler au moment où les contribuables concernés évaluent la pertinence de cotiser à leur REER pour ne pas devoir trop d’impôt. 

Deux traitements différents

La PCU est traitée comme un revenu imposable. 

La PCRE aussi. Toutefois, celle-ci est d’abord soumise à un impôt de récupération de 50 % lorsque le prestataire déclare des revenus de plus de 38 000 $. Cette somme exclut la PCRE, mais elle comprend la PCU.

Pour chaque dollar gagné au-delà de 38 000 $, le gouvernement fédéral reprend 0,50 $ de PCRE. Sur la portion qui reste dans les poches, le fisc perçoit ensuite son impôt habituel.

Cette aide a pris le relais de la PCU à l’automne. Elle visait les personnes qui n’avaient pas accès au programme d’assurance-emploi élargi, essentiellement des travailleurs autonomes.

Pour un prestataire de la PCRE, il suffit d’avoir gagné 24 000 $ de revenus d’emploi et d’avoir touché le maximum de PCU (14 000 $) pour frapper à la porte de la zone de récupération. 

Passé le seuil, c’est une sacrée bonne idée de verser une somme suffisante au REER pour ramener le revenu imposable à 38 000 $. Faut-il cotiser plus que ça ? Pas nécessairement. 

Le REER n’est pas automatique

Depuis quelques semaines, on entend des gens qui s’inquiètent de la facture fiscale qui découlera des versements de PCU et de PCRE. 

C’est vrai que des bénéficiaires de ces programmes, encore serrés, trouveront la note difficile à avaler. Cotiser à un REER pour réduire les impôts à payer n’est pas forcément une bonne idée. Dans plusieurs cas, on parlerait plutôt d’une mauvaise idée. Pour effacer la dette d’impôt, il leur faudrait verser au REER l’équivalent de tout ce qu’ils ont reçu en aide financière, ou presque. C’est ridicule. 

Les gens dans cette situation ont normalement connu une année de faibles revenus. On recommande rarement de cotiser au REER quand notre salaire nous positionne sur les paliers d’imposition du bas, à moins d’avoir de jeunes enfants, et encore. 

Ce principe demeure même si on traîne des arriérés d’impôt. Mieux vaut s’entendre avec l’Agence du revenu sur des modalités de remboursement qui font l’affaire des deux parties. 

Quelques outils   

  • Pour évaluer la pertinence de cotiser au REER, il faut s’attarder à l’impact de sa cotisation sur son revenu disponible, c’est-à-dire ce qui restera dans ses poches.   
  • Je vous renvoie une fois encore au calculateur de revenu disponible que vous trouverez facilement sur Internet. Cherchez « calculateur de revenu disponible », vous aboutirez sur une page du site Internet du gouvernement du Québec.  
  • Remplissez le formulaire, ça prend 30 secondes. Vous devez, entre autres, indiquer vos revenus, le type de ménage, et fournir des informations au sujet des enfants dans le cas des familles. Vous obtiendrez instantanément l’argent dont dispose votre ménage pour mener son train de vie.   
  • Vous voulez savoir quel sera l’effet d’une cotisation REER ? Réduisez votre revenu du montant de la cotisation REER que vous prévoyez faire et voyez l’effet sur le revenu disponible. Si vous diminuez votre revenu de 5000 dollars et que le revenu baisse presque d’autant, c’est le signe que le REER ne représente pas une bonne affaire. Si le revenu disponible baisse à peine, go REER !  
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