/news/politics

Manoir Liverpool : qui est imputable?

Daniel Paré, le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches qui dirige aujourd’hui l’immense campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec, s’est de nouveau défendu de ne pas être intervenu plus tôt pour mettre fin à la maltraitance qui avait cours au Manoir Liverpool.

• À lire aussi: Rapport accablant contre le Manoir Liverpool

• À lire aussi: Marguerite Blais demande de l’imputabilité dans le réseau des résidences pour aînés

• À lire aussi: Manoir Liverpool : Daniel Paré défend sa gestion du dossier

«Mon imputabilité, je la vois en fonction des décisions que j’ai prises. Lorsqu’on a eu vent des allégations de maltraitance, j’ai agi. C’est mon enquête et c’est mon enquêtrice qui s’est rendue sur place», a insisté M. Paré lundi en entrevue au TVA Nouvelles 12h. «Grâce aux dénonciations des gens, on a pu découvrir les stratagèmes qui se faisaient sur place au Manoir Liverpool.»

Mais qui est imputable? C’est la question qui est sur toutes les lèvres à Québec après un autre rapport accablant sur de la maltraitance envers nos aînés dans une résidence pour personnes âgées.

Une enquête administrative menée par le CISSS, dont la synthèse a été rendue publique vendredi, a révélé des lacunes nombreuses et troublantes, qui auraient commencé «bien avant» l’arrivée de la COVID-19, dans le secteur de la ressource intermédiaire au Manoir Liverpool, une résidence privée de Lévis.

Il est question de bains non donnés sur des périodes allant jusqu’à trois semaines, de résidents oubliés à l’heure des repas ou encore de sonnettes d’alarme de résidents ignorées.

Rappelons que le premier ministre François Legault avait promis plus d’imputabilité de la part des responsables après le cas du CHSLD Herron.

Les propriétaires du Manoir Liverpool détiennent d’autres résidences dans la région de Chaudière-Appalaches. Une enquête a d'ailleurs été ouverte en lien avec le Pavillon Bellevue, un CHSLD privé conventionné à Lévis.

Le Manoir Liverpool est sous tutelle est un processus de vente est en cours.

Paré reste en poste   

Même si le CISSS n’exploite pas la résidence, le rapport s’interroge sur «la tolérance du CISSS de Chaudière-Appalaches à l’égard des soins et des services déficients et récurrents du Manoir Liverpool».

Alors que sa gestion du dossier est écorchée, M. Paré entend poursuivre son nouveau rôle de responsable de la campagne de vaccination au Québec.

«On m’a appelé un lundi soir pour venir prendre la relève de la personne qui était responsable de la vaccination. J’ai levé mes manches et depuis deux mois, je donne mon 100 % pour qu’il y ait six millions de Québécois de vaccinés à deux reprises. C’est là-dessus que je suis concentré», indique-t-il, répétant avoir agi dès que les premiers soupçons de maltraitance lui sont venus aux oreilles.

Les gestionnaires doivent être imputables   

La ministre responsable des Aînés Marguerite Blais a qualifié au cours du weekend «d’inacceptables» et «d’indescriptibles» les actes de maltraitance reprochés aux dirigeants du Manoir Liverpool de Lévis.

Elle déplore que le CISSS de Chaudière-Appalaches ait accompagné les propriétaires du Manoir Liverpool pendant cinq ans pour éliminer certains comportements et qu’on en arrive, malgré tout, à un drame comme celui que le rapport présente.

«Il faut que la culture organisationnelle change, absolument. La culture, c’est d’accompagner les propriétaires de résidences, de donner des chances, de les aider à mettre en place les plans de soins, les bonnes pratiques, mais un moment donné, il faut que ça change», laisse tomber Mme Blais, ajoutant que les gestionnaires du réseau devront eux aussi être imputables.

«Comment protège-t-on les aînés qui vivent encore ce cauchemar-là aujourd'hui même? Comment se fait-il que la ministre n'a pas encore révoqué leur accréditation pour les protéger?», s'interroge de son côté la députée libérale de la circonscription Fabre, Monique Sauvé.

- avec le Journal de Québec

Dans la même catégorie