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Une contestation du couvre-feu échoue devant le tribunal

Erik Peters / Agence QMI

Un Gatinois qui voulait faire invalider le couvre-feu au Québec afin de pratiquer la marche à pied ou le jogging après 20 heures a perdu sa cause, ce lundi en Cour supérieure du Québec.

«La pandémie et son évolution constituent des circonstances exceptionnelles soulevant des enjeux de santé publique importants. Cette situation oblige le gouvernement à adopter des mesures pour réduire les risques de propagation, afin de protéger la vie et la santé de la population», a indiqué le juge Dominique Goulet dans une décision rendue ce lundi à Gatineau.

Le recours avait été intenté par William Desrochers, un Gatinois qui en avait contre le couvre-feu instauré par le gouvernement du Québec le 8 janvier dernier. En vertu d’un décret, il devenait interdit à quiconque de sortir de chez soi entre 20h et 5h.

Or, cela ne faisait pas l’affaire de M. Desrochers, qui minimise la dangerosité du coronavirus et qui trouve que le couvre-feu est une mesure trop «large et draconienne».

«Il avant également que cette mesure n’a aucun lien rationnel avec la protection de la santé de la population, ces activités [la marche, la course à pied et les balades en auto] n’impliquant aucun contact», a ajouté le magistrate.

Sauf que même si la question soulevée par le Gatinois est sérieuse, il n’a pas réussi à faire la preuve que le couvre-feu devait être suspendu.

«Il existe une pandémie mondiale et nier son importance apparaît pour le moins surprenant», a noté le juge tout en rappelant que selon un expert, il était nécessaire de limiter la propagation du coronavirus.

La juge a également rappelé que le couvre-feu avait été instauré « en se basant sur les informations scientifiques actuelles en sa possession ».

«Il n’appartient pas au tribunal à ce stade de s’ériger en arbitre de l’opportunité d’une telle décision», a ajouté le juge.

Et même si M. Desrochers avait réussi à prouver le préjudice que le couvre-feu lui causait, l’intérêt public fait pencher la balance en faveur du gouvernement, a-t-il conclut.