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Comme un petit goût de Boxing Day

Au Best Buy du Centre Laval, les clients étaient séparés en deux groupes : ceux qui venaient faire des échanges et ceux qui venaient acheter.

Photo Cédérick Caron

Au Best Buy du Centre Laval, les clients étaient séparés en deux groupes : ceux qui venaient faire des échanges et ceux qui venaient acheter.

Plusieurs Québécois étaient soulagés de retrouver un brin de normalité avec la réouverture des commerces sur tout le territoire, hier, et en ont profité pour faire le plein de produits considérés comme non essentiels depuis six semaines.

Si l’on se fie à la centaine de personnes qui faisaient la file devant des commerces du Carrefour Laval avec à la main un sac à l’effigie du magasin devant lequel elles patientaient, le père Noël n’a pas fait que des heureux pendant la pandémie.

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Comme la journée du Boxing Day le 26 décembre avait été annulée pour des raisons de santé publique, de nombreux clients ont profité de la journée d’hier pour échanger ou se faire rembourser des cadeaux de Noël et des achats effectués en ligne.

Commerces pandémie

Photo Cédérick Caron

« Je suis ici pour faire un échange en magasin. C’était un cadeau de Noël “à moi, de moi” que je m’étais acheté avant la fermeture des magasins. On m’avait dit que j’avais jusqu’au 16 janvier pour l’échanger, mais je crois que je vais être correcte », relate Nicole Bellemare pour justifier sa présence dans la file du magasin Best Buy du Centre Laval, avec un four à micro-ondes dans son panier. 

Côté foule, les employés des commerces interrogés par Le Journal parlent d’un achalandage supérieur à la moyenne des lundis, mais tout de même pas aussi chaotique que lors des soldes d’Après-Noël.

Sécurité présente  

Au Carrefour Laval, qui a déjà fait les manchettes parce que les mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 semblaient plus ou moins respectées, les agents de sécurité veillaient au grain.

Ils étaient cinq uniquement pour gérer la clientèle qui patientait calmement devant la boutique Apple.

Des commerces, comme ce Roots du Carrefour Laval, ont choisi de ne pas ouvrir hier.

Photo Cédérick Caron

Des commerces, comme ce Roots du Carrefour Laval, ont choisi de ne pas ouvrir hier.

Sinon, ils surveillaient aussi chaque entrée du centre commercial.

Le tout sans compter les employés qui géraient la circulation des clients qui voulaient entrer dans certains magasins ou en sortir.

Essayer avant d’acheter 

Nombreux sont les acheteurs qui ont fait remarquer au Journal les limites du magasinage en ligne pour expliquer leur présence en boutique.

« Les enfants avaient besoin de nouvelles mitaines et de nouveaux pantalons de neige. Ce n’est pas toujours évident d’acheter ça en ligne, les grandeurs varient d’un magasin à l’autre », déplore Maude Gagnon, croisée à la sortie du Walmart du secteur Chomedey, à Laval. 

Bien que prévoyante, Mme Gagnon s’est fait avoir par la poussée de croissance de ses deux garçons de 7 et 9 ans. 

Pierre Asselin et sa conjointe, Lucie Dubeau, faisaient la file devant un Best Buy pour se procurer une nouvelle tablette électronique.  

Pierre Asselin et Lucie Dubeau au Best Buy pour une nouvelle tablette électronique.

Photo Cédérick Caron

Pierre Asselin et Lucie Dubeau au Best Buy pour une nouvelle tablette électronique.

« La nôtre a brisé. C’est pratiquement devenu essentiel aujourd’hui », assure Mme Dubeau.

« Nous n’aimons pas vraiment acheter en ligne, ajoute son amoureux. Quand on se rend en magasin, on peut poser des questions au vendeur, voir réellement à quoi le produit ressemble et toucher le produit ».

Contourner les règles  

L’ouverture des centres commerciaux a aussi permis à certaines âmes qui s’ennuient de retrouver des proches.

Sachant qu’il contourne les règles, un grand-père croisé au Carrefour Laval n’a pas voulu décliner son identité, mais a tout de même accepté de se confier au Journal.

« Ma femme et moi sommes venus retrouver notre fille et ses trois enfants. Ça nous permet de les voir, puis ça lui donne un coup de main [à la maman]. Pas toujours facile de magasiner avec trois petits qui ont moins de 5 ans ».

Ce grand-père n’était pas seul. Le Journal a constaté que quelques amies s’étaient aussi donné rendez-vous pendant la pause du dîner afin de faire du lèche-vitrine et de rattraper un peu le temps perdu.