/news/coronavirus

Des masques N-95 aux travailleurs de la santé en zone chaude

Volte-face à Québec : le gouvernement fournira dorénavant un masque de protection parmi les plus performants, le N-95, à tous les travailleurs de la santé œuvrant en zone chaude.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

• À lire aussi: Le masque artisanal de plus en plus déconseillé

• À lire aussi: Dubé pressé d’autoriser le N-95 pour le personnel en contact avec la COVID-19

Cette décision découle d’une nouvelle directive publiée en matinée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui obligera ces travailleurs à le porter à compter du 11 février prochain.

«Cette annonce s’inscrit dans la foulée des nouvelles connaissances scientifiques et de l’évolution du contexte de la pandémie, notamment au regard du potentiel infectieux accru des nouveaux variants», précise la CNESST par voie de communiqué.

Elle fait également suite à un changement de position de la part de deux organisations gouvernementales qui reconnaissent maintenant la transmission de la COVID-19 par aérosol depuis quelques semaines.

En effet, jusqu’ici, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) et l’Institut national de santé publique du Québec recommandait simplement aux soignants de porter un masque N-95 lors d’interventions médicales générant des aérosols.

Mardi, à l’Assemblée nationale, une motion présentée par Québec solidaire avec l’appui de tous les partis a été adoptée pour demander au gouvernement de «donner suite à la décision de la CNESST et d’assurer l’accès à des masques N95 au personnel soignant en zone chaude».

Une ordonnance de la santé publique interdisait formellement l’usage de masque N95 dans tout contexte n’impliquant pas d’interventions médicales générant des aérosols, a-t-on aussi reconnu du même coup.

Selon les explications données par le ministre de la Santé, Christian Dubé, en point de presse, mardi, son ministère devrait émettre ses propres recommandations au sujet du port du N-95 bientôt : «une question d’une journée ou deux».

Il était jusque là en discussion avec la santé publique et la CNESST à savoir comment pouvaient être déployés le plus efficacement les masques N-95.

«On s’est entendu après de longues discussions que la meilleure façon de rejoindre les deux parties, c’est-à-dire et la Santé publique et la CNESST, c’était de prendre notre définition de zone chaude. Et zone chaude, c’est où on a deux éclosions et plus», a précisé Christian Dubé.

La province compte maintenant assez d’entreprises qui fabriquent des masques de type N-95 pour être autosuffisante en la matière, a-t-il ajouté.

À noter, la nouvelle directive de la CNESST s’applique aux hôpitaux, aux cliniques, aux groupes de médecine familiale, aux cliniques externes, aux milieux de réadaptation et aux milieux de soins de longue durée (CHSLD, RPA et autres ressources d’hébergement de ce type).

Pour le co-porte-parole de Québec, Gabriel Nadeau-Dubois, dont c’était le cheval de bataille depuis plusieurs mois, c’est trop peu trop tard.

«On sait depuis le 14 octobre que les soignantes courent 10 fois plus de chances de contracter le virus que la population générale. Depuis le mois de juillet, ces femmes, en grande majorité, et ces hommes demandaient qu’on les protège adéquatement», a-t-il martelé.

«Il y a eu beaucoup, beaucoup d’incohérences dans la gestion de la crise. Il y a beaucoup de décisions qui ont tardé à être prises, il y a beaucoup de décisions qui ne sont toujours pas prises», a déploré pour sa part la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

«Ça fait longtemps qu’on questionne sur pourquoi le N95 n’est pas obligatoire dans les zones chaudes pour les infirmières, pour les préposés qui sont en contact direct. Et on n’arrête pas de nous répéter que non, ce n’est pas nécessaire, puis que ce n’est pas parce qu’on manque d’équipement», a aussi rappelé la députée péquiste Véronique Hivon.

Les syndicats soulagés  

Cette décision a d’ailleurs réjoui les syndicats du milieu de la santé, à commencer par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente près de 24 700 membres de la santé et des services sociaux dans la province.

«Enfin! Nous félicitons la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) d’avoir finalement pris cette décision. Nous le réclamions depuis presque un an, soit depuis le début de la crise sanitaire. Protéger les salarié.e.s va en fait protéger l’ensemble de la population», a déclaré par communiqué Frédéric Brisson, président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a également salué cette initiative, rappelant qu’elle intervient après de nombreuses revendications des organisations syndicales et de certains scientifiques et professionnels de la santé.

«Nous n’avons ménagé aucun effort et nous continuerons de le faire, de telle sorte à s’assurer que le personnel soit bien protégé au travail à l’avenir, mais aussi pour s’assurer qu’une telle situation, où pendant un an on met la santé et la sécurité du personnel à risque, ça ne puisse plus se reproduire», a ajouté dans un communiqué Judith Huot, première vice-présidente à la FSSS-CSN.

Dans la même catégorie