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Où sont les tests rapides?

RPA Samuel-de-Champlain

Photo Pierre-Paul Poulin

Les employés appelés à vacciner des aînés vulnérables devraient subir un test rapide pour détecter la COVID-19, plaident des experts.

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« Le Québec est en retard », déplore David Juncker, professeur en génie biomédical à l’Université McGill.

Lundi, Le Journal de Montréal rapportait le cas d’une infirmière venue vacciner des aînés dans une résidence de Saint-Jean-sur-Richelieu et ayant obtenu un diagnostic positif à la COVID-19 dans les jours suivants. Selon lui, ce cas illustre le besoin de ces tests rapides.

Environ 150 aînés sont en isolement préventif à la RPA Samuel-de-Champlain et en attente d’un test de dépistage après avoir été vaccinés le 2 février par une infirmière vraisemblablement infectée, mais qui n’a ressenti des symptômes que le lendemain.

Les infectieux, pas les infectés 

Selon M. Juncker, la stratégie du gouvernement québécois se concentre « sur les infectés, mais moins sur les infectieux », dit-il, soit les personnes sans symptômes, au début de l’infection, mais qui peuvent quand même transmettre la maladie.

«C’est ce que nous argumentons depuis plusieurs mois déjà [...] Le problème n’est pas de découvrir qui est infecté, mais qui va transmettre la maladie et les tests rapides sont les plus efficaces», fait-il valoir.

Il croit d’ailleurs que ces tests pourraient être utilisés de façon journalière auprès des travailleurs de la santé.

Pour l’instant, l’inventaire du Québec de plus d’un million de ces tests qui permettent de détecter le virus en moins de 15 minutes dort dans un entrepôt. Seulement 6500 ont été utilisés, selon ce que Le Journal de Montréal rapportait le mois dernier, notamment dans une école de Montréal.

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM), reconnaît que les tests de dépistage utilisés depuis un an sont meilleurs pour déceler le virus, mais les résultats en 48 heures sont trop longs à obtenir, alors que les tests rapides peuvent aider à trouver rapidement les propagateurs du virus.

«C’est complémentaire», lance-t-elle, ne comprenant pas l’entêtement du gouvernement québécois dans ce dossier.

La province de l’Ontario a par ailleurs commencé à les utiliser.

Registre à signer 

Au Québec, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre explique que tous ceux qui vaccinent les Québécois doivent signer un « registre des symptômes » lors de leur journée de travail.

L’infirmière qui s’est rendue à la RPA Samuel-de-Champlain l’avait fait et n’avait aucun symptôme, précise-t-on.

«Les résidents sont considérés comme étant à faible risque, puisque la vaccinatrice a porté les équipements de protection individuelle, de même que les usagers qu’elle a vaccinés. De plus, la vaccination dure moins de 15 minutes , souligne le CISSS.