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Test de dépistage obligatoire pour les touristes: facile de faire semblant

Même s’ils sont obligés maintenant d’avoir en main un résultat de test négatif pour rentrer au pays, des touristes trouvent encore le moyen de tricher en achetant de fausses attestations médicales pour prouver qu’ils n’ont pas la COVID-19.

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Sous le soleil du Mexique, pas besoin de chercher bien loin pour mettre la main sur un bout de papier qui permettra de duper les compagnies aériennes.

«Bonjour à tous, j’offre un service de papier médical pour tous ceux qui ont besoin de revenir au pays. 23 personnes sont rentrées sans problème à date en France et au Canada», a écrit sans gêne cette semaine un Québécois sur un groupe Facebook de voyageurs.

L’homme offre ses services pour un peu moins de 100 $, alors que passer un «vrai» test de dépistage dans une clinique privée près de Playa Del Carmen coûte entre 150 et 200 $.

Facile d’accès

Cet usurpateur a sèchement refusé de répondre à nos questions, mais un touriste, qui a été tenté un temps d’avoir recours à ce genre de supercherie, a accepté de nous parler à condition de garder l’anonymat.

«Mais je trouvais la situation trop nouvelle pour me lancer», a expliqué d’emblée celui qui dit finalement s’être résigné à se rendre dans une clinique privée sur place.

De retour au Québec depuis quelques jours, le jeune homme a confié que n’est pas seulement pour économiser que des vacanciers détournent les règles.

La peur d’avoir mal pendant le test nasal y est aussi pour beaucoup, selon lui.

«Ça peut être difficile [d’accès] si tu es juste une semaine dans le Sud», a-t-il ajouté, indiquant être tombé sur «cinq-six» offres durant son séjour.

Ce marché noir a pris une telle ampleur à Playa Del Carmen que même Robert Bélanger, qui gère un gîte depuis plusieurs années dans la région, a été approché.

Deux ressortissants québécois qui fabriquent des résultats de dépistage l’ont supplié, dit-il, pour qu’il parle d’eux à ses convives.

«Je suis contre ça. C’est être déloyal envers les procédures sanitaires canadiennes», a pesté M. Bélanger, qui assure que la plupart des touristes qu’il côtoie se plient aux directives des autorités canadiennes pour les touristes.

Nouvelles règles

Depuis le 7 janvier dernier, les personnes qui désirent regagner le Canada sont forcées d’avoir passé un test PCR dans les 72 heures avant leur vol. Ceux traversant la frontière par voie terrestre devront faire de même dès lundi prochain, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau mardi.

Malgré cette mesure, 84 avions ont atterri au Canada du 15 janvier au 8 février avec au moins une personne atteinte de la COVID-19 à leur bord. Tous ces vols ont atterri à Vancouver, Calgary, Montréal ou Toronto, à l'exception d'un qui s'est posé à Winnipeg, en vertu de la redirection de tout le trafic international vers ces quatre aéroports.

Du nombre, neuf se sont posés à Montréal, tandis que 49 ont atterri à Toronto.

Le fédéral a indiqué qu'il obligerait tous les voyageurs par avion à passer, à leur frais, un minimum de trois jours en quarantaine dans un hôtel, avec obligation de passer un test de dépistage à l'arrivée au pays. Aucune date n'a toutefois été décidée pour l'entrée en vigueur de cette mesure.

D’ici là, quiconque se fait prendre avec un certificat de dépistage traficoté s'expose à une amende pouvant aller jusqu'à 5000 $.