/news/law

Un chiropraticien conspirationniste de la Mauricie admet sa culpabilité

Legal law concept image gavel  screen display

Paul - stock.adobe.com

Un chiropraticien de la Mauricie, qui a accueilli ses clients sans masque, sans désinfectant pour les mains et en remettant en doute la pandémie actuelle, a admis avoir négligé de mettre en place les mesures appropriées pour lutter contre la COVID.

En mai dernier, le Dr Philippe R. Landry a fait l’objet d’une plainte de la part d’un client de sa clinique de Saint-Félix-de-Valois parce qu’il ne portait pas de masque durant les traitements qu’il prodiguait. Afin de valider le tout, le syndic de l’Ordre des chiropraticiens du Québec avait contacté le docteur, notamment pour lui rappeler les mesures sanitaires. 

Le Dr Landry avait toutefois «confirmé qu’il ne portait pas de masque» en plus d’invoquer «certaines théories conspirationnistes» pendant la conversation. Ce dernier avait tout de même indiqué qu’il s’amenderait, mais une nouvelle plainte a été faite en juin.

Le chiropraticien avait alors dit que «la menace causée par la COVID n’était pas réelle». Le syndic a donc fait affaire avec un enquêteur qui s’est rendu constater sur place que les mesures sanitaires n’étaient pas respectées, qu’il ne portait pas de masque et qu’il n’y avait pas de désinfectant pour les mains. 

Une autre plainte a été déposée, après que le docteur a dit que la Covid était un «complot pour faire capoter les gens». Devant le sérieux de la situation, le syndic avait qualifié les agissements du docteur de «danger pour le public» et avait demandé sa radiation provisoire.

Plaide coupable 

Pour éviter la fermeture de sa clinique, le chiropraticien avait signé un engagement écrit affirmant qu’il respecterait les règles, mais ce dernier a tout de même été accusé d’avoir négligé de prendre tous les moyens pour prévenir la propagation de la COVID. En audience, mardi, le Dr Landry a plaidé coupable en espérant n’obtenir qu’une réprimande pour ses actes.  

L’avocat du syndic n’a pas vu la situation du même œil, estimant qu’il en allait de la « crédibilité » du système des ordres professionnels. Selon Me Anthony Battah, il s’agit de la première décision du genre en matière de droit des professions depuis le début de la pandémie. 

«On ne peut pas parler de conspiration» et «on ne peut exposer la population à des situations qui vont contre la santé. C’est contraire aux valeurs fondamentales d’un professionnel de la santé», a plaidé Me Battah. Il réclame donc une radiation de trois mois pour ces «infractions graves».

En réplique, l’avocat du chiropraticien a fait valoir que son client était «un vieux bourru» qui a pris acte de la situation «sur le tard». Le Conseil de discipline a pris la décision en délibéré.