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Jérémy Gabriel devant la Cour suprême lundi

Après un débat de près de 10 ans, c’est lundi que la cause opposant l’humoriste Mike Ward à Jérémy Gabriel sera entendue devant le plus haut tribunal au pays. 

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Il s’agit de l’ultime étape dans ce dossier, après un passage devant le Tribunal des droits de la personne ainsi que devant la Cour d’appel. 

Cette dernière, en novembre 2019, avait donné raison à Jérémy Gabriel et condamné l’humoriste à verser 35 000$ à celui qui avait fait l’objet de moqueries en raison de son handicap lors d’une série de spectacles.  

L’audience de lundi, qui se tiendra par visioconférence devant les neuf juges de la Cour suprême, revêt une importance «d’envergure nationale», selon l’avocat qui présentera le mémoire de Jérémy Gabriel, Me Stéphane Harvey. «La Cour suprême va établir où commence la liberté d’expression et où elle s’arrête», explique-t-il.  

C’est au terme de ce débat que Jérémy Gabriel saura s’il gagne sa cause. «C’est un peu stressant, c’est la dernière étape, ça va être crucial, mais je me sens serein et je suis aussi content qu’on y arrive», dit-il. 

Responsabilité   

Le jeune homme de 24 ans rappelle que le spectacle dans lequel il a été calomnié a été présenté 230 fois et est largement accessible sur internet encore aujourd’hui. Il n’y a pas eu de «censure» dans ce dossier, selon lui. «Il y a une responsabilité que M. Ward doit prendre», estime-t-il. 

Bien qu’il anticipe une victoire, Jérémy Gabriel a hâte de passer à autre chose. «J’étais un enfant, un enfant handicapé qui devait vivre avec ça, mais qui, en plus, a dû apprendre à vivre avec l’intimidation et le résultat d’un spectacle qui a brisé toute mon adolescence et une bonne partie de mon âge adulte», dit celui qui a aussi reçu des menaces de mort. 

«Ça pèse lourd, ç'a été long, ça fait presque 10 ans», termine celui qui se dit «fier du combat» qu'il a mené. Mike Ward et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse se feront également entendre lundi.