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Air Canada pourrait encore renoncer à Transat

Malgré l’aval obtenu du gouvernement fédéral hier, Air Canada pourrait très bien choisir de renoncer à l’acquisition de Transat A.T. dès la semaine prochaine. 

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C’est que la convention d’achat liant les parties avait prévu une porte de sortie à l’acquéreur advenant que la transaction souhaitée à l’époque tarde à être ratifiée. Par prudence, une date butoir avait été fixée au 15 février 2021, soit lundi prochain.

Au-delà de cette date, nous a confirmé Christophe Hennebelle, vice-président de Transat, Air Canada serait en droit, à tout moment, de tourner le dos à la transaction et renoncer à l’acquisition du voyagiste.

La fin de Transat?  

«Je vois très mal comment le groupe Transat pourrait survivre [à un tel scénario], a réagi en entrevue hier soir le professeur de l’UQAM et spécialiste de l’industrie, Mehran Ebrahimi. Ça fait mal de le dire, mais ça pourrait très bien signifier la mort d’Air Transat.»

Au moment d’aller sous presse, la direction d’Air Canada n’avait pas encore réagi officiellement au feu vert accordé par le nouveau ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra. Le transporteur doit présenter ses derniers résultats trimestriels vendredi matin. D’aucuns espèrent que la direction en profite pour donner une indication de ses intentions.

En attente de l’Europe  

Ottawa a donné son aval à l’acquisition de Transat par Air Canada, au coût de 190M$, malgré les fortes réserves exprimées l’an dernier par le Bureau de la concurrence. «Étant donné les conséquences dévastatrices de la pandémie de COVID-19 sur l’industrie du transport aérien, l’acquisition proposée de Transat A.T. par Air Canada apportera une plus grande stabilité dans le marché canadien du transport aérien», a déclaré le ministre Alghabra.

Le feu vert du fédéral est assorti d’une série de modalités, dont l’obligation de «maintien» du siège social et de la marque Transat au Québec, le maintien d’au moins 1500 travailleurs dans le secteur du voyage d’agrément, l’«engagement» de «donner la priorité aux contrats passés au Québec» pour l’entretien des avions de Transat, la mise en place d’un «mécanisme de surveillance des prix», ainsi que l’établissement de liaisons vers de «nouvelles destinations» au cours des cinq prochaines années.

Rappelons que l’acquisition doit encore être entérinée par la Commission européenne, qui a suspendu son examen juste avant les Fêtes. M. Hennebelle, de Transat, ne s’attend pas à ce que la Commission rende sa décision d’ici la date butoir.

Avec la collaboration de Sylvain Larocque