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À la recherche d’un «trésor archéologique» du Bas-Saint-Laurent

Capture d'écran, Google Map

Natif de Rivière-du-Loup devenu résident de Vancouver en Colombie-Britannique, Danny Keays caresse le rêve de retrouver une pierre tombale qui pourrait, selon lui, être un trésor archéologique.

À l’automne 1976 ou 1977, M. Keays et son meilleur ami d’enfance explorent le boisé derrière la résidence de son meilleur ami, rue des Érables, à Rivière-du-Loup. 

«C’était la forêt de notre enfance. Au-delà de la zone boisée, au nord, se trouvait un immense terrain vague avec un enchevêtrement de sentiers où l’on roulait à toute vitesse à bicyclette», explique l’homme qui a maintenant 51 ans.

C’est en quittant le boisé pour se rendre vers le terrain vague que les deux explorateurs découvrent par hasard, sous les herbes hautes, une pierre tombale sur laquelle des dates anciennes sont inscrites. Gravé sur cette pierre, on pouvait lire l’inscription «Jacquot».

Alors âgés de 6 ou 7 ans, les deux amis s’étaient surpris de la trouvaille. 

«Mais qui donc était-il et pourquoi était-il là?» se questionnaient les deux enfants. 

La pierre était rectangulaire, plate, à ras le sol et parfaitement bien alignée à la bordure du lot boisé. Ce boisé, dans la version 2021 de Rivière-du-Loup, se trouve entre les rues Frontenac et des Érables.

«Avec mon jugement d’adulte, je peux maintenant vous affirmer que cette pierre tombale était plus ancienne que toutes celles que j’ai pu voir pendant toute ma vie dans tous les cimetières de Rivière-du-Loup et de Vancouver», écrit Danny Keays dans un document relatant son histoire.

Les années ont passé et la zone où la sépulture de «Jacquot» a été découverte a bien changé au fil du temps. La pierre tombale aurait-elle pu être arrachée lors de la réalisation des travaux de la rue Frontenac? La sépulture pourrait-elle être cachée quelque part sous un trottoir? La pierre est-elle encore enfouie dans l’herbe longue du boisé? Ces questions, Danny Keays se les pose régulièrement. Mais de Vancouver, il aura besoin d’aide pour obtenir des réponses.

L’homme est loin d’en être à ses premières démarches pour arriver à ses fins. Il a envoyé son document de 15 pages à la Ville de Rivière-du-Loup, au ministère de la Culture et des Communications et au député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, qui ont tous répondu qu’ils n’étaient pas en mesure de l’aider. Même constat du côté du Centre de services scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup, qui n’a pas donné suite aux courriels à son courriel. La sépulture pourrait d’ailleurs se trouver sur une portion de terrain qui leur appartient ou encore sur le terrain d’une résidence de la rue des Érables.

Un archéologue du ministère de la Culture, sans pouvoir aider à la fouille, a fourni une hypothèse quant à l’origine de cette pierre tombale.

«Selon les plans fournis, elle se localiserait à la limite de l’ancien domaine seigneurial de Rivière-du-Loup. Une seigneurie concédée au cours du 17e siècle. Le fait qu’une sépulture se positionne à l’extérieur des anciens cimetières catholiques et qu’elle serait liée à une pierre tombale (pas une croix de bois) indique que la personne aurait été inhumée après la fin du 18e siècle», peut-on lire dans un courriel de l’archéologue.

Il faudra probablement attendre au printemps le temps que la neige fonde, mais Danny Keays est catégorique : l’une des plus anciennes sépultures du Bas-Saint-Laurent pourrait se trouver aux abords de la rue Frontenac. 

L’un de ses souhaits : rebaptiser le nom de la rue en hommage à «Jacquot».

Pour les détectives et archéologues en herbe, sachez que la recherche de biens ou de sites archéologiques au Québec doit être préalablement autorisée par le ministère de la Culture par le biais d’un permis. 

Danny Keays, dans un échange de messages, rappelle en terminant qu’une découverte archéologique en engendre souvent une autre.