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Johnson veut un déconfinement «irréversible, mais prudent»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est montré déterminé lundi à opérer un déconfinement «irréversible mais prudent» en Angleterre après avoir atteint son objectif d'injecter avant mi-février une dose de vaccin à 15 millions de personnes parmi les plus vulnérables.

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Le gouvernement veut commencer à desserrer le confinement en vigueur depuis début janvier tout en maintenant des restrictions aux frontières pour éviter d'importer de nouveaux variants du coronavirus plus résistants. Les voyageurs arrivant en Angleterre de pays à risque en termes de Covid-19 doivent ainsi désormais subir une coûteuse quarantaine à l'hôtel.

Les espoirs de levée rapide des dispositifs mis en place sont alimentés par la chute du nombre des contaminations (moins de 10.000 cas annoncés lundi, un plus bas depuis octobre) et des hospitalisations et par le succès de la campagne de vaccination.

Avant de dévoiler lundi prochain sa feuille de route vers un retour progressif à la normale, le premier ministre conservateur a cependant à cet égard encouragé ses compatriotes à se montrer «optimistes, mais aussi patients».

Il a estimé qu'il ne fallait pas «relâcher» les efforts, le nombre des malades du Covid-19 hospitalisés restant élevé, supérieur au niveau d'avril dernier, au moment du premier pic de l'épidémie.

«Nous voulons que ce confinement soit le dernier et nous voulons que les progrès soient prudents, mais aussi irréversibles», a-t-il déclaré, soucieux de ne pas décevoir les attentes très fortes de la population après des mois de mesures plus ou moins sévères selon les régions.

Le gouvernement espère pouvoir rouvrir les écoles à partir du 8 mars, de manière graduelle avec une rentrée potentiellement plus tardive pour les élèves du secondaire.

Selon une source gouvernementale citée par le journal The Times, le gouvernement autorisera les membres d'un même foyer à partir en vacances ensemble à compter de Pâques, début avril. Les bars et les restaurants pourront aussi rouvrir en avril, mais uniquement en extérieur. Il faudra attendre, mai, voire août, pour que ces établissements accueillent de nouveau des clients à l'intérieur.

Face à l'épidémie, qui a fait plus de 117.000 morts au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson veut désormais faire vacciner les neuf groupes de population jugés prioritaires, dont tous les adultes de plus de 50 ans, d'ici à fin avril.

Pour éviter l'importation de variants, depuis lundi matin, résidents britanniques ou citoyens irlandais arrivant en Angleterre en provenance de 33 pays figurant sur une liste rouge, qui comprend la totalité de l'Amérique latine et l'Afrique du Sud, sont consignés dans un hôtel et placés sous surveillance pendant dix jours. Les non-résidents sont interdits d'entrée à partir de ces pays.

Prix du séjour, à l'entière charge du voyageur : 1.750 livres sterling (près de 2.000 euros), tests compris. Car comme tous les autres voyageurs, ils devront, en plus de présenter un test négatif effectué dans les 72 heures qui précèdent leur départ, être dépistés aux deuxième et huitième jours de la quarantaine.

Zari Tadayon, 66 ans, arrivée de Dubaï via Francfort, a entamé lundi cette quarantaine dans un hôtel Radisson proche de l'aéroport d'Heathrow.

«J'ai essayé de rentrer à Londres avant le 15, mais il n'y avait pas de vols disponibles, tout était réservé», a-t-elle déclaré à l'agence de presse PA. Dépitée de ne pas pouvoir rejoindre son logement du nord de Londres, elle confie n'être «pas très heureuse, car, demain, c'est mon anniversaire et j'aurais voulu être avec ma famille...»

Les voyageurs en provenance des autres pays doivent aussi se plier à une quarantaine de 10 jours, mais peuvent le faire chez eux.

Moins étendu que celui mis en place par d'autres pays comme l'Australie, le régime des quarantaines à l'hôtel à l'arrivée en Angleterre a été critiqué notamment par l'opposition travailliste, qui estime qu'il ne va pas assez loin.

Les contrevenants encourent pourtant de lourdes amendes, allant de 1.000 livres (1.125 euros) pour un test négatif manquant à l'arrivée à 10.000 livres pour ceux qui tentent d'échapper à la quarantaine à l'hôtel. Ceux qui cacheraient leur passage dans un pays à risque encourent même 10 ans de prison.