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Industrie aérienne: un nouveau transporteur fédéral, pourquoi pas?

Bloc avion

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L’année 2020 a marqué l’histoire à tout jamais. Un virus est venu bouleverser la vie de millions de personnes, et ce à l’échelle planétaire. L’industrie du tourisme est l’un des secteurs les plus touchés et particulièrement les transporteurs aériens, qui connaissent la plus grosse crise de l’histoire de l’aviation.  

Alors qu’on apprend que le gouvernement fédéral a donné son aval à l’achat de Transat par Air Canada, la transaction est cependant toujours à l’étude devant le bureau de la concurrence européen. Les délais occasionnés pourraient dégager Air Canada de ses obligations et ainsi faire tomber la transaction. Bien que cela pourrait mettre en péril un fleuron québécois, c’est loin d’être la seule menace à laquelle l’industrie doit faire face en ce moment. 

De l’aide qui se fait attendre

Le gouvernement a annoncé il y a déjà plusieurs mois avoir entamé des discussions pour des plans d’aide sectoriels pour soutenir les transporteurs aériens canadiens, plan qui se fait attendre. Pourtant, plusieurs pays d’Europe et les États-Unis ont déjà pris des mesures pour soutenir leur entreprise aérienne monétairement, allant jusqu’à prendre part au capital-actions de ces derniers en devenant actionnaires d’une portion de ces entreprises. 

Chaque jour qui passe augmente la fragilité de nos transporteurs aériens canadiens et peut-être de façon irrévocable pour certains. Allons-nous perdre nos fleurons au profit de monopole et ainsi être à la merci de compagnies privées libres de prendre certaines décisions opérationnelles ou d’affaires au détriment de besoins collectifs : aéroports, villes, routes et destinations desservies, prix et services offerts? 

Revoir le modèle en place

Heureusement, chaque crise et/ou menace crée des opportunités. Et si cette opportunité était la chance de revoir le modèle en place et de trouver des solutions adaptées à cette nouvelle réalité? Des solutions permanentes qui pourront non seulement sauver l’industrie et les emplois, mais qui de surcroît généreront de la valeur collective sur le long terme pour l’ensemble des Canadiens. 

Le gouvernement s’apprête possiblement à investir des centaines de millions voire milliards de dollars pour soutenir le secteur - et avec raison. 

L’industrie aérienne est un poumon économique qui génère des milliers d’emplois en plus d’assurer un service essentiel pour plusieurs et de loisirs pour d’autres. Les transporteurs ont cumulé des milliards de pertes depuis le début de la crise et en auront encore besoin davantage pour passer au travers. 

En revanche, les bénéfices d’un passé pas si lointain sont allés directement dans les poches des actionnaires; par exemple, le cours de l’action d’Air Canada a connu une croissance de plus 5000 % entre 2009 et fin 2019. 

Un transporteur national

Mais s’il existait une autre solution qui nous permettrait d’atteindre les mêmes résultats sans privatiser les revenus d’un côté et d’assumer les pertes collectivement de l’autre? 

Si la solution était de créer un transporteur canadien appartenant à l’état, serait-ce retourner en arrière? Pas vraiment, puisque le modèle privé actuel a démontré les limites de son fonctionnement. 

Extrapolons un moment. Il y a actuellement des milliers d’employés qualifiés disponibles, ainsi que la possibilité d’obtenir des avions à prix réduit, de soutenir activement l’industrie de façon permanente et même (éventuellement) de générer des profits qui bénéficieraient à l’ensemble de la population. Une nationalisation pourrait assurer que les régions soient desservies adéquatement, et que les voyageurs soient au cœur des décisions, puisque ceux-ci sont la raison d’être de ces entreprises, mais ont plutôt été tenus pour acquis, pour ne pas dire en otage, au fil du temps. 

Est-ce que le gouvernement doit choisir entre soutenir les transporteurs existants ou créer un nouveau transporteur fédéral? Une combinaison des deux pourrait être envisagée, dans tous les cas je crois que cela vaut la peine d’y réfléchir, puis que le moment est opportun. 

Volenretard.ca / flightclaim.ca est une entreprise qui vient en aide aux passagers aériens afin d’obtenir une compensation monétaire ou un remboursement à la suite d’une annulation ou un retard de vol, le tout de façon simple, rapide et sans risque. Ce texte est une opinion personnelle et ne vise qu’à inciter les lecteurs et les grands décideurs à réfléchir à des solutions alternatives et ainsi prévenir, sinon du moins préparer les prochaines crises. 

Photo courtoisie

Jacob Charbonneau, Cofondateur et président-directeur général de Vol en retard

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