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Pas de clémence pour un ex-prof de l’UQAM

Palais de Justice Benoît St-Onge

Photo Chantal Poirier

Un ex-prof de l’UQAM qui avait pris l’habitude de s’exhiber auprès de jeunes filles en allant au travail aura bel et bien un casier judiciaire, a tranché une juge en rejetant sa demande d’absolution.

«Il est temps que les femmes et les jeunes filles puissent marcher dans la rue sans craindre de devenir la victime d’un homme simplement en raison de leur sexe. Il est temps que les hommes comprennent que les femmes ne sont pas là pour se voir imposer leurs pulsions sexuelles» a lancé la juge Karine Giguère, en condamnant Benoît St-Onge, mardi au palais de justice de Montréal.

L’ex-prof de géographie de 56 ans enseignait toujours à l’UQAM quand il a commis sa série de crimes, à l’automne 2018 et au printemps 2019, devant le Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, à Outremont.

Et quand il croisait des écolières, St-Onge s’exhibait devant elles en se masturbant, pour ensuite continuer son chemin vers l’UQAM. 

Il a ainsi semé la terreur au pensionnat, avec des élèves qui avaient peur de marcher dans la rue, d’autres qui ont changé leurs habitudes de déplacement. La police avait même lancé des opérations de filature pour retrouver l’exhibitionniste, qui a finalement été pris en flagrant délit.

Pas d’absolution 

Au total, St-Onge a officiellement fait 12 victimes, mais il a admis en avoir fait jusqu’à 30, dont des adultes. Il a ensuite démissionné de l’UQAM.

Coupable d’actions indécentes, l’ex-prof espérait toutefois s’en sortir sans casier judiciaire. Car selon lui, ses «connaissances et ses compétences» faisaient en sorte que la société serait mieux servie s’il obtenait l’absolution, afin de continuer à enseigner.

Il proposait aussi de faire des travaux communautaires, ainsi que de verser un don à un organisme de bienfaisance.

Sauf que malgré un CV bien garni et son absence d’antécédents criminels, la juge a rappelé que malgré de nombreuses thérapies, St-Onge n’était toujours pas capable d’expliquer pourquoi il ciblait spécifiquement des écolières. 

Elle l’a donc condamné à une probation de deux ans, en plus de le forcer à s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.

«Il est temps que la société entière comprenne que tout geste sexuel, quel qu’il soit, est inacceptable s’il n’est pas consenti», a-t-elle conclu.