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Pas facile de trouver une place en garderie

Pour des milliers de Québécois, trouver une place en garderie relève de l’impossible.

Si bien que des parents se tournent vers des groupes Facebook pour séduire les propriétaires de garderies avec des photos de leur enfant afin de dénicher une place.

C’est le cas d’Édith Rémillard, une mère de famille de Terrebonne qui attend une place en garderie depuis le 15 novembre 2019. Alors qu’elle est toujours en attente, elle craint ne pas pouvoir retourner au travail.

«[C’est un fardeau financier] vraiment important parce que moi, honnêtement, je dois prendre [des] sans solde dès le 9 avril. J’ai averti mon employeur que je ne peux pas venir travailler jusqu’à ce que j’aille une garderie», de dire celle qui est préposée au transport des patients.

À la lumière des événements, Mme Rémillard risque de devoir s’absenter du travail jusqu’au mois de septembre.

Même son de cloche pour Marie-Gabrielle Cannon, une enseignante qui habite Chaudière-Appalaches.

«J’ai la chance que mon fils soit encore jeune, il a seulement 5 mois et demi. Mais déjà j’ai l’impression que c’est un petit peu trop tard pour lui trouver une garderie», dit-elle.

Mme Cannon fait partie de celles qui ont pu obtenir une place en garderie pour son fils. Seul hic, elle devra attendre à septembre 2022 pour l’obtenir.

«Je retourne travailler en septembre 2021. Donc j’ai un an où je suis un petit peu mal pris. Ça va probablement ressembler à papi et mamie, les oncles et les tantes. Je ne peux pas me permettre de prendre un sans solde pour un an», dit-elle.

Désespérée, Édith Rémillard a même tenté d’obtenir de l’aide auprès des politiciens.

«Le ministre de la Famille [Mathieu Lacombe] m’a répondu qu’il avait fait 4350 places en 2020 subventionnées et qu’il a converti 1750 places non subventionnées. Elles sont où ces places-là? On ne les pas», s’indigne-t-elle.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, n’est pas surpris de la situation, bien au contraire.

«Ça fait des années qu’on sait qu’il y a plus de 50 000 familles qui sont sur les listes d’attente», dit-il en rappelant que le «fossé est immense» entre les places créées et celles promises par le gouvernement de la CAQ.

«Malheureusement, c’est pire que c’était quand on a créé le réseau des CPE, l’époque où on créait, au début des années 2000, 9000 places par année», ajoute-t-il.