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Québécoise aux commandes de Perseverance : «c’est un moment extraordinaire»

À quelques heures de l’atterrissage du robot Perseverance sur Mars, la fébrilité est palpable chez Farah Alibay, une Québécoise qui pilotera l’engin. 

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«Je suis excitée nerveuse. Il ne reste plus que six heures avant qu’on atterrisse sur Mars, donc on commence à le sentir», lance l’ingénieure en aérospatiale en entrevue au Québec Matin. 

Elle fait partie de l’équipe qui contrôlera le robot tout au long de sa mission sur la planète rouge, une mission qui regorge de défis. 

Journées plus longues  

Une des difficultés que vivra l’équipe de pilotage de Perseverance est la longueur des journées martiennes. 

«Ce qui est difficile, c’est qu’une journée martienne, c’est 24 heures 39 minutes. Ça veut dire que chaque jour, je commence le travail, même si je commence à 18 heures, heure de Mars, chaque jour, je commence le travail avec 40 minutes de décalage», explique Farah Alibay. 

Elle aura donc un horaire rotatif passant de la nuit au jour au fil des semaines. 

Délais de communication  

Les opérations de Perseverance, dont son atterrissage sur Mars, sont programmées à l’avance puisque les délais de communication sont trop longs entre les deux planètes. 

«Tout est préprogrammé parce que Mars est tellement loin que pour qu’un message passe de la Terre vers Mars, même si ça va à la vitesse de la lumière, c’est des ondes radio, ça prend environ, en ce moment, 12 minutes aller et 12 minutes de retour», soutient l’ingénieure. 

Si l’équipe conduisait le robot en temps réel, il lui faudrait donc 30 minutes pour recevoir une réponse de la commande envoyée.  

L’humain sur Mars  

Même si la mission première de Perseverance est de trouver des traces de vie ancienne, le robot est aussi équipé d’appareils qui permettront de récolter des données pour préparer une future arrivée de l’humain sur Mars. 

Parmi ces instruments, on retrouve une station météorologique, pour permettre d’en apprendre davantage sur la température et les vents sur la planète rouge, et un radar pour analyser la structure sous le robot. 

« Mais le plus intéressant, on a un instrument qui s’appelle MOXIE qui va essayer de démontrer qu’on peut extraire de l’oxygène de l’atmosphère de Mars», affirme Farah Alibay. 

La mission primaire doit être d’une durée d’un an martien, soit deux ans terriens, mais la pilote de Perseverance espère en avoir pour plusieurs années. 

«On espère avoir assez d’échantillons dans les deux premières années pour montrer que ça vaut la peine d’aller les chercher. Mais comme n’importe quelle mission, elles ont tendance à vivre beaucoup plus longtemps, donc on espère être capable de faire des opérations pour des années», admet-elle. 

Entrevue Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA