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Enquêteuse dans «Alertes»: «Je veux toujours m’assurer d’être proche de la vérité» - Mylène St-Sauveur

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Quand Mylène St-Sauveur s’investit dans un rôle, elle ne le fait pas à moitié. Et celui de Lily-Rose Bernard dans «Alertes» ne fait pas exception. La comédienne, qui a eu 30 ans au déclenchement de la pandémie, a vécu une année particulière. Elle nous en parle.

«Quel beau personnage!» lance Mylène St-Sauveur en parlant de Lily-Rose Bernard, la sergente-enquêteuse au sein de l’escouade spéciale pour les personnes disparues dans «Alertes».

«C’est une femme forte qui a envie de réussir et qui est à sa place. Elle a le goût d’apprendre et elle est appréciée de ses collègues. Elle a de l’assurance dans son travail, mais beaucoup moins dans sa vie personnelle. Elle consacre tellement de temps à son emploi qu’il lui en reste peu pour faire des rencontres et approfondir des relations intimes, ce qui fait qu’elle consulte toujours autant d’applications comme Tinder. Tout à coup, elle va rencontrer Pascal (Jean-Simon Leduc)! Au début, elle ne sait pas qu’il est le fils de sa capitaine (Sophie Prégent), ce qui donnera lieu à de beaux malaises! (rires)»

Une rencontre inspirante

Pour «Alerte Amber», le projet qui a précédé «Alertes», Mylène St-Sauveur a participé au programme Cobra du Service de police de la Ville de Montréal, qui permet à un civil d’accompagner un policier dans l’exercice de ses fonctions.

«Je prévoyais refaire un autre Cobra avec les policiers de la Ville de Montréal, dans un autre secteur, mais quand les zones rouges sont apparues, le programme a été mis sur pause. L’été dernier, j’ai rencontré un couple. L’homme est assez haut gradé dans le groupe tactique d’intervention et sa conjointe est sergente-enquêteuse pour la Ville de Montréal. Elle fait même, par moments, de l’infiltration. C’était la première fois que je rencontrais une femme enquêteuse; dans le passé, j’avais eu des discussions seulement avec des hommes. Quand j’ai vu cette femme-là, j’ai trouvé qu’elle avait plein de caractéristiques de mon personnage, dont l’assurance et la confiance. Je l’ai invitée à prendre un café. On a parlé pendant trois heures de la job. Comment se voit-elle en tant que femme dans le milieu de la police? Comment arrive-t-elle à se faire respecter? Doit-elle parfois encore faire ses preuves, même si elle a plusieurs années d’expérience? Ça m’a donné de belles pistes de réflexion par rapport aux femmes qui travaillent dans ce milieu-là. Quand je joue, je veux toujours m’assurer d’être proche de la vérité. Si un policier regarde une de mes scènes et qu’il trouve que je ne tiens pas mon fusil de la bonne façon, je vais me dire que je n’ai pas bien fait mon travail.»

La comédienne reprendra les tournages d’«Alertes» et ceux de la dernière saison de «L’heure bleue» au printemps. D’ici là, Mylène sera de retour au théâtre dans le laboratoire «Le roman de monsieur de Molière», en webdiffusion sur le site du TNM.

Une année de questionnements

Quand on demande à Mylène St-Sauveur comment elle a vécu la dernière année, elle répond que ça lui a fait du bien d’arrêter au début de la pandémie. «Ça m’a permis de me reposer et de revoir mes priorités. J’avais besoin de voir où je m’en allais, parce que j’ai eu 30 ans le 12 mars, quand tout a commencé. Je me suis demandé: “De quoi j’ai envie? Je m’en vais où? Est-ce que j’ai encore le goût de faire ça dans la vie? Où je me vois dans cinq ans?” Maintenant, j’ai juste le goût d’être dans l’action et j’essaie d’aider les gens comme je le peux. J’ai fait des dons à plusieurs fondations, parce que j’estime que j’ai été privilégiée de pouvoir continuer à travailler. J’ai l’immense privilège de faire beaucoup de voix, notamment pour des publicités. Je me suis fait un petit studio dans mon garde-robe juste avant la pandémie, alors j’ai pu continuer à faire des voix. La multidisciplinarité m’a sauvée!»

Depuis deux ans, Mylène St-Sauveur file le parfait bonheur avec son chum. «On est dans des milieux connexes. Il n’est pas comédien, mais il comprend très bien la réalité de mon métier. C’est vraiment formidable! On s’entend bien», mentionne la comédienne, qui préfère garder son identité secrète pour le moment.

On peut suivre Mylène St-Sauveur dans «Alertes» les lundis à 21 h, à TVA. Elle est aussi du laboratoire «Le roman de monsieur de Molière», présenté en webdiffusion sur le site Internet du TNM jusqu’au 8 mars.