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Femme attaquée à Potton: le propriétaire des chiens libéré après 43 jours

Après seulement 43 jours derrière les barreaux, le propriétaire des chiens qui avaient sauvagement attaqué une joggeuse à Potton, en Estrie, a été libéré vendredi. Il n’aura purgé que le quart de sa peine, au grand découragement de la victime.

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Dominique Alain a reçu un appel de la prison de Sherbrooke vendredi matin l’avisant qu’Alan Barnes allait être libéré au cours de la journée.

«C’est une véritable comédie ce système judiciaire! C’est dur pour moi. En tant que victime tu souffres et lui tout revient à la normale», a-t-elle dit à la caméra de TVA Nouvelles.

Le 29 mars 2019, Dominique Alain a été prise en proie par les trois chiens d’Alan Barnes alors qu’elle joggait sur le chemin de l’aéroport à Potton. Elle a passé des mois à l’hôpital et subi d’innombrables chirurgies de reconstruction.

Le 7 janvier dernier, Alan Barnes avait écopé d’une peine de prison de six mois moins un jour après avoir plaidé coupable de négligence criminelle. Quarante-trois jours plus tard, le propriétaire des chiens est à nouveau un homme libre.

«C’est dégueulasse que la peine ait été réduite à 43 jours», a dit Jacques Marcoux, qui était maire de Potton au moment de l’attaque et qui avait épaulé la famille de la victime.

«Cette femme-là a vécu un événement infernal et devra vivre avec des séquelles toute sa vie. Quarante-trois jours de prison, c’est nettement insuffisant», a-t-il poursuivi.

Au Québec, les détenus assignés à des peines de détention inférieure à six mois n’ont pas à passer devant la Commission des libérations conditionnelles.

«La décision de remettre en liberté Alan Barnes revenait au directeur de la prison. Au sixième de la peine, c’est fréquent pour les individus qui ne sont pas des criminels notoires pouvant être un actif pour la société et qui ont eu une bonne conduite en prison», a indiqué l’avocat criminaliste Me François-David Bernier.

«Je comprends la frustration des victimes, mais il faut se rappeler que notre système mise sur la réhabilitation et qu’un séjour en prison c’est lourd de sens, peu importe la durée», a ajouté l'avocat.

Travaux communautaires  

Alan Barnes devra maintenant effectuer les 240 heures de travaux communautaires qui lui avaient été imposées en janvier dernier. Rappelons qu’il lui est interdit d’avoir un chien pour le reste de sa vie et que les trois chiens qui ont participé à l’attaque ont été euthanasiés.