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Le Carnaval qui a cassé la morosité

Photo Didier Debusschère

S’il y a «du pain sur la planche pour tout le monde» dans l’événementiel, le Carnaval de Québec estime avoir démontré qu’il est possible de tenir un grand rendez-vous en situation de pandémie.

De la créativité, de la solidarité et de la résilience : voilà les ingrédients qui ont permis à la 67e édition du Carnaval de Québec de se concrétiser, selon sa directrice générale, Mélanie Raymond.

«Cette année, la météo a été de notre côté. C’est à peu près le seul élément qu’on ne contrôle pas qui a été plus positif que ce que l’on vit habituellement», lance la chef d’orchestre de la fête hivernale qui a pris fin dimanche.

Le Carnaval de Québec était l’un des premiers grands événements de la capitale à présenter une partie de sa programmation en personne depuis le début de la crise sanitaire.

La tâche était «colossale», car le cahier des charges ne cessait de s’alourdir durant les préparatifs, à mesure que la pandémie amenait de nouvelles contraintes.

«En cours de route, il fallait non seulement s’adapter, mais parfois laisser tomber des volets complets de ce qu’on avait imaginé», dit Mme Raymond.

Une responsabilité

La Santé publique a été consultée continuellement et a donné son aval au scénario retenu.

Les organisateurs du Carnaval reconnaissent avoir ressenti une «responsabilité» de ne pas échouer, ce qui aurait pu compromettre d’autres initiatives de l’industrie.

«Ç’a été de beaux tests pour les autorités publiques, je pense, de voir toutes les étapes au travers desquelles ils vont devoir passer avec tous les promoteurs dans les prochains mois. Il y a du pain sur la planche pour tout le monde», souligne Mme Raymond.

Au bout du compte, on ne déplore aucune éclosion dans les équipes du Carnaval et le comportement des visiteurs a été «exemplaire», selon les responsables.

Soulagement

«On va attendre, quand même, le bilan des autorités publiques, du bureau des grands événements pour se prononcer [...], mais disons que, de ce que je sais à l’heure où l’on se parle, c’est un soulagement total et les gens sont fiers, avec raison», ajoute Mélanie Raymond.

Même si cette édition était plus sobre et qu’il a fallu renoncer aux défilés et au grand palais de glace, le Carnaval croit avoir été en mesure de casser la morosité de la pandémie et d’apporter un peu de chaleur aux familles.

Les nombreuses sculptures de glace et de neige ont semblé redonner vie à plusieurs quartiers où les gens circulaient à toute heure, sans toutefois se rassembler.

Les paris sont maintenant ouverts concernant les conditions dans lesquelles se déroulera la prochaine édition du Carnaval, du 4 au 13 février 2022. 

Une saucette «frette», mais populaire!  

La nouvelle formule virtuelle du bain de neige aura permis à un nombre record de près de 600 personnes de prouver qu’elles ne sont pas des poules mouillées, en se filmant en train de relever le défi. En plus du Québec, on a noté des participations jusqu’en Finlande et à Paris. C’est de loin la plus grande participation à cette tradition du Carnaval. 

Des milliers de promeneurs  

Photo Didier Debusschère

La centaine de sculptures de glace et de neige et les six tours de 20 pieds qui remplaçaient le palais de Bonhomme, qui étaient aménagées dans plusieurs quartiers de la ville, ont attiré des dizaines de milliers de personnes. Le Carnaval a en effet enregistré plus de 65 000 lectures de codes QR qui étaient associés aux différentes œuvres éphémères dans le cadre d’un concours qui était accessible sur les téléphones intelligents. Par ailleurs, sur YouTube, les différents programmes du volet virtuel de la fête ont généré près de 50 000 clics. 

Bonne nouvelle pour Bonhomme  

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Chose encore incertaine quelques jours avant le coup d’envoi des réjouissances, Bonhomme Carnaval a finalement eu le plaisir de saluer ses convives en personne. L’ambassadeur des festivités a eu l’autorisation de faire des apparitions surprises dans les rues commerçantes chaque fin de semaine dans un char allégorique, le «Bonhomme mobile». Pour prévenir tout attroupement, ses sorties n’étaient jamais publicisées ou annoncées à l’avance. Même le conseil d’administration du Carnaval de Québec était tenu dans le secret.