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Le futur du sport automobile à TVA Sports dès vendredi

COURTOISIE / TVA SPORTS / AGENCE QMI

Les amateurs de course automobile seront bien servis cette année sur les ondes de TVA Sports avec la Formule électrique, puisqu’ils auront droit non seulement à la fine pointe de la technologie électrique, mais aussi à une compétition très relevée.

Mettant en scène des voitures propulsées entièrement par des groupes motopropulseurs électriques, comme l’indique son nom, la FE a permis à huit pilotes et cinq écuries différentes de remporter au moins l’une des 11 courses pendant la saison 2019-2020.

«Il y a énormément de parité. Sur 12 équipes, il y en a probablement neuf ou 10 qui peuvent gagner des courses», a fait valoir Charles-Antoine Sinotte, qui sera le commentateur durant les reportages de course.

«Les courses sont ultra-enlevantes et imprévisibles, et je pense que le mot "imprévisible" dans le sport en 2021, c’est la raison pour laquelle on s’assoit devant la télé. [...] En s’y attardant, on va découvrir une nouvelle façon de consommer le sport automobile.»

Un laboratoire à ciel ouvert

Cette parité est rendue possible par la standardisation du châssis et des batteries, identiques pour toutes les écuries. Le groupe motopropulseur est le seul aspect sur lequel les équipes peuvent travailler librement, tout en respectant une limite d’énergie de 200 kilowatts par course.

La FE est ainsi une compétition intéressante pour les constructeurs automobiles, qui y voient une série beaucoup moins dispendieuse que la Formule 1 et qui permet de développer des technologies vertes pour ensuite introduire sur le marché.

«C’est un produit qui cadre parfaitement dans l’évolution de la société et l’électrification des transports. C’est rempli de découvertes technologiques intéressantes que le grand public va pouvoir apprivoiser. Oui, ce sont des connaissances sportives, mais qui vont s’appliquer de plus en plus au quotidien des gens. Donc, c’est bien de pouvoir faire le pont», a ainsi expliqué Sinotte.

Le fait de se battre pour un titre - qui en sera un de champion du monde pour la première fois cette année - force d'ailleurs les compagnies à accélérer le développement des technologies vertes. Bertrand Godin, qui sera analyste aux côtés de Sinotte, estime ainsi que la FE a fait des pas de géants depuis la première saison.

«J’aime la philosophie. On a été très terre à terre quand on a lancé cette série, a-t-il indiqué. Tout le monde était conscient qu’il y aurait énormément d’évolution. C’est la raison pour laquelle on voit la génération de monoplaces changer aux quatre ans. La première année, en 2014, ça prenait deux voitures pour faire une seule course. Ce n’était pas terrible, mais avec les années, la recherche et développement a fait son œuvre.»

Au niveau du format aussi, la FE se démarque. Toutes les activités - essais libres, qualifications et courses - se déroulent au cours de la même journée.

Oublier le passé

Pour plusieurs Québécois, et plus particulièrement pour de nombreux Montréalais, la FE rime toutefois avec controverse. La série a en effet effectué un arrêt dans la métropole québécoise en 2017, sous l’impulsion du maire Denis Coderre. L’événement avait surtout suscité la grogne en raison des problèmes de circulation et d’accessibilité aux commerces et aux résidences.

La mairesse Valérie Plante avait rapidement mis un terme au contrat après son élection. Quelques semaines plus tard, en 2018, on apprenait que l’événement avait été à l’origine d’un déficit de 13,55 millions $.

Si le concept n’a pas fonctionné à Montréal, il n’en demeure pas moins que la série visite plusieurs grandes villes du monde, avec des arrêts notamment à Rome, à Monaco, à Marrakech et à Santiago. Chaque fois, les téléspectateurs ont droit à des prises de vue impressionnantes.

«La relation des [Québécois] avec la FE est peut-être beaucoup plus politique que sportive. Je me souviens qu’à Montréal, si on met de côté toute la chicane, on s’est rendu compte que c’était quelque chose de différent qui permettait de voir les villes. Dans les rues de Rome, ça va donner des prises de vue incroyables», a lancé Sinotte, louant l’expérience qu'il considère comme une belle alternative aux voyages réels, non recommandés en temps de pandémie.

«Pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis cette saga-là.»

Et pour les critiques qui raillent la série en raison du manque de bruit et d’odeur d’essence brûlée, Godin a un message: l’électrification des transports est bel et bien entamée et les moteurs à combustion sont appelés à disparaître.

«J’aimais beaucoup le son du V10 Renault qu’on a eu [en Formule 1] à l’époque, mais ce sont des voitures qui font partie du passé. Il faut accepter de vivre de façon différente. Le moteur à combustion, on le sait, pour tous les manufacturiers, va laisser sa place à une motorisation électrique.»

La saison de FE commencera vendredi avec l’ePrix de Dariya, en Arabie saoudite. Le pays de la péninsule arabique accueillera deux courses en autant de jours.