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Le recul du français au Québec: des stages en région pour les immigrants

Au Québec, nous recevons un flot d’immigrants chaque année, et la plupart ne parlent pas français. Le gouvernement a instauré pour cela des cours de francisation pour les immigrants adultes. Ces deniers sont payés durant une année complète pour suivre des cours gratuits de francisation, à temps plein. J’ai enseigné pendant trois décennies dans ce cadre-là.

Malheureusement, les résultats ne sont pas au rendez-vous, en dépit des efforts déployés en ressources humaines et financières. Selon mon expérience, dans une classe de 25 immigrants adultes et après plus de 200 heures d’apprentissage, trois ou quatre adultes en sortiront, en parlant un français approximatif.

Certes, selon les experts, passé l’âge de 20 ans, apprendre une langue étrangère est un grand défi. Mais selon ces mêmes experts, ne pas mettre en pratique la langue apprise est peine perdue.

Des stages en région 

Or, nous savons que la majorité des immigrants adultes peuvent éviter de parler le français dans le grand Montréal et ses environs. Ils passent tout simplement à l’anglais. Et l’anglais se développe à la vitesse grand V.

Malgré la loi 101 et d’autres mesures, il serait bon de soutenir ces cours de francisation par des stages en région (Québec, Rimouski, Trois-Rivières).

Et pourquoi ne dirigerait-on pas les immigrants, dès leur arrivée, dans les régions francophones, avec de forts incitatifs?

À Saint-Ubalde, dans la région de Portneuf, un comité de parrainage a accueilli une famille de réfugiés syriens dans une maison en plein cœur du village. Ce genre d’initiative s’avère aussi bénéfique pour les régions qui voient leur jeunesse déserter. Il serait insensé de continuer à injecter des sommes exorbitantes dans des cours de francisation qui donnent si peu de résultats. À moins d’ajouter une année supplémentaire d’apprentissage aux mêmes cohortes. Encore des sous! Il faudrait, surtout, un contexte solide et des mesures innovatrices qui justifieraient ces dépenses. Ne fermons pas les yeux devant cette perdition du français dans notre province. Un sérieux coup de barre s’impose! L’avenir du français au Québec en dépend. 

Monique Doss

Andragogue à la retraite, maîtrise en sciences de l’éducation (UM)

Montréal

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