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Des femmes ne font pas confiance aux spécialistes québécois

Des femmes continuent de vivre un calvaire en raison de bandelettes d'incontinence urinaire. Chaque mois des dizaines de Québécoises se rendent aux États-Unis pour se faire retirer le dispositif. Elles sont nombreuses à ne pas avoir confiance aux spécialistes du Québec.

Sophie Gaudreault regrette d'avoir fait confiance à un urologue d'ici. Après le retrait de sa bandelette d'incontinence urinaire, les douleurs étaient toujours aussi vives. Dans son rapport médical, il est écrit que la bandelette a été retirée complètement. Mais plus les mois passent et plus Sophie a un doute. Il y a deux mois, elle s'est rendue au Missouri où un spécialiste a retrouvé un morceau de quatre centimètres. Pire encore, les muscles de Sophie étaient déchirés et son urètre abîmé par la première chirurgie.  

«Ce n’est pas de la chirurgie, c’est de la charcuterie», confie Sophie Gaudreault.  

Elle poursuit : «J’ai vraiment des blessures. Oui je contente parce que j’ai certaines douleurs qui sont parties. Mais je suis blessée à vie. Mes muscles sont sectionnés et ça, c’est irréparable ». 

Sophie Gaudreault n'est pas la seule Québécoise à remettre en doute l'expertise des spécialistes de la province et à débourser plus de vingt mille dollars pour un aller-retour Québec-Saint-Louis dans le but de retrouver une qualité de vie. 

Depuis janvier, le gouvernement ne rembourse plus la chirurgie pour celles qui décident de traverser la frontière. Québec avait promis des centres d’expertises opérationnels en 2021. Les témoignages d’insatisfaction envers les spécialistes se cumulent.  

Cynthia Gagné est à la tête d'un groupe de soutien et accompagne régulièrement des femmes à Saint-Louis au Missouri. La femme de la Mauricie s'est fait retirer en 2019 la bandelette qui lui pourrissait la vie. 

«Ça me permet de faire quelque chose qui me fait du bien et qui les accompagne vers une solution qui est sécuritaire. Du moins, pour le moment tant et aussi longtemps que je n’aurai pas la certitude et la preuve qu’il y a des experts capables d’offrir le même traitement aux femmes que celui qu’elles peuvent avoir aux États-Unis», commente Cynthia Gagné. 

À Saint-Louis, Dr Dionysios Véronikis a opéré jusqu'à présent plus de 160 Québécoises. Depuis 1994, il a développé une technique qui diminue les lésions. «La technique que j'utilise sépare délicatement et spécifiquement la fibre musculaire de la bandelette. C'est la raison pour laquelle les femmes peuvent retrouver une qualité de vie». À ce jour, il affirme ne jamais avoir été contacté par un confrère de la province.