/news/techno

Enfin des services de télésanté à la Baie-James

Photo courtoisie : Réseau de communications Eeyou

Après plus de 15 ans de travail, la vaste région d’Eeyou Istchee Baie-James, dans le Nord-du-Québec, est presque entièrement branchée à la haute vitesse. Une révolution qui a permis d’y améliorer les soins de santé.

Télépsychiatrie, échographies à distance pour le suivi des grossesses à risque, lecture de stimulateurs cardiaques, téléophtalmologie, téléconsultation en pédiatrie, etc.

L’ajout de bande passante et de la fibre optique a permis d’offrir plusieurs services après le branchement de l’hôpital à Chisasibi, sur la rive sud de la Grande Rivière, non loin de la côte est de la baie James.

« Le faible débit était [auparavant] un frein au développement des services de télésanté », mentionne Philippe Lubino, directeur de l’hôpital régional.

De plus en plus nécessaire en temps de pandémie, la téléconsultation sans un réseau internet suffisant n’aurait tout simplement pas été possible auparavant, selon M. Lubino.

Sans la connexion, « il aurait fallu transférer les patients dans les hôpitaux du sud, les mettre à risque, en plus des coûts sociaux et de transport, explique-t-il. Si nous n’avions pas eu une bande passante suffisante, ça aurait été très problématique pour nous pendant la pandémie. »

Photo courtoisie : Réseau de communications Eeyou

Netfix et cie

De meilleurs services de santé ne sont qu’un des avantages à être branchés à la haute vitesse.

« Les gens de la communauté ne sortent plus, ils sont maintenant sur Netflix, les jeux en ligne, Facebook et le Xbox », dit à la blague Greg Jolly, chef adjoint de la Nation crie de Nemaska, une communauté de 900 personnes.

« C’était très lent avec nos anciens services, notamment avec du satellite. Plus il y avait de gens branchés, plus la vitesse diminuait, ce n’est plus le cas maintenant. »

Avec Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Waswanipi, Wemindji et Whapmagoostui, Nemaska est l’une des neuf communautés autochtones du territoire, qui comprend aussi quatre municipalités (Chapais, Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon et Matagami) et trois localités (Radisson, Valcanton et Villebois).

Des neuf communautés, une seule, Whapmagoostui, située sur la côte est de la baie d’Hudson, reste à être branchée. Elle le sera cette année grâce à un projet sous-marin.

On dénombre 3933 habitations et commerces des communautés autochtones qui peuvent désormais bénéficier du service.

15 ans d’efforts

C’est le Réseau de communications Eeyou, une société locale de télécommunications sans but lucratif, qui a réussi à brancher ces communautés. Cette société a été créée en 2004 avec la mission d’apporter des services modernes à large bande à des tarifs raisonnables dans la région.

« Ça fait depuis 2004 qu’on pousse pour bâtir ce réseau et qu’on fait des partenariats avec les gouvernements », explique Cédric Melançon, directeur général du Réseau de communications Eeyou.

« Il y a des communautés qui n’avaient même pas accès à un mégabit, ce qui veut dire qu’ils étaient incapables d’utiliser toute application qui a de la vidéo et même des photos, ajoute-t-il. En 2004, les services étaient épouvantables à la Baie-James. »

Bien-être

Le Réseau de communications Eeyou a aussi assuré la connexion par fibre optique à Chibougamau, Chapais, Matagami, Lebel-sur-Quévillon et Radisson, rendant ainsi le service accessible à 6302 habitations et commerces.

« C’est extraordinaire de s’apercevoir que c’est possible d’habiter le territoire et d’avoir un service internet qui répond au monde moderne d’aujourd’hui », affirme pour sa part René Dubé, le maire de Matagami, dont le branchement s’est terminé en 2020.

« Vous ne pouvez pas imaginer le bien-être que ça donne aux gens », ajoute-t-il.