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Difficile de déplacer les 85 ans et plus dans les centres de vaccination

Vacciner en priorité les personnes aînées de plus de 85 ans est une excellente nouvelle, mais risque de poser de grands défis techniques et humains alors que plusieurs d’entre eux sont à mobilité réduite, parfois seuls et isolés dans leur domicile. 

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«Ça prend parfois deux hommes forts pour leur faire descendre leurs 9 marches», donne en exemple la Dre Annik Dupras interniste et gériatre à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, en entrevue à 100% Nouvelles. 

«Il y a une partie de cette population qui est maintenue à domicile et qui ne sort jamais du domicile, ce sont les services qui se rendent vers eux», explique-t-elle, en précisant que pour la grippe, les vaccins se rendent vers les aînés, et pas le contraire. 

Elle considère que les ressources devront faire preuve d’une grande créativité pour arriver à déplacer ces aînés vulnérables vers les centres de vaccination. 

Autres défis, plusieurs personnes de plus de 85 ans n’ont pas d’aidant naturel, et la prise de rendez-vous sur Internet risque d’être compliquée pour plusieurs.  

«Certains sont très familiers avec cette technologie [mais] d’autres souffrent de troubles cognitifs et ne peuvent pas comprendre tous ces enjeux-là et ils sont isolés socialement», détaille Dre Dupras.

Pas de bénévoles     

De plus, les bénévoles qui venaient leur donner un coup de main, notamment à travers les organismes communautaires, ne sont plus disponibles en raison de la pandémie, étant eux-mêmes âgés et confinés.

«Le défi de déplacer les très âgés dans les centres de vaccination... il va falloir peut-être réfléchir à des mesures alternatives à court terme», croit-elle. 

Par ailleurs, le lieu de résidence d’un aîné ne permet pas d’en dire beaucoup sur sa condition de santé. Certaines personnes âgées très réduites physiquement habitent à domicile, chez leurs proches, même lorsqu’elles ont de grands besoins pour leurs soins.

«Dans certaines communautés culturelles, on garde les parents jusqu’à la fin. Ils ont des gens aussi malades qu’en CHSLD, mais ils côtoient leurs enfants parce qu’ils habitent avec eux, et souvent les petits-enfants habitent là. C’est important de les vacciner et de les rejoindre, mais ils sont à mobilité réduite, ce n’est pas si simple que cela de les mettre dans une voiture et les amener dans un centre de vaccination», déplore Dre Dupras. 

Le gouvernement Legault a annoncé mardi que les 85 ans et plus commenceront à être vaccinés contre la COVID-19 dès la semaine prochaine. 

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.***

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