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Facebook renforce sa lutte contre l'exploitation sexuelle infantile

Facebook travaille sur de nouvelles façons de combattre le partage de photos et vidéos relevant de la pédophilie ou de l'exploitation d'enfants, d'après un communiqué du géant des réseaux sociaux, régulièrement accusé de laisser passer trop de contenus problématiques.

«Nous testons deux nouveaux outils - un qui s'attaque aux recherches potentiellement mal intentionnées pour ce type de contenu, et un autre qui cible le partage de ces contenus sans mauvaises intentions», a expliqué mardi Antigone Davis, directrice de la sécurité chez Facebook.

Son équipe a conçu une notification qui apparaît en cas de recherche de termes liés à l'exploitation infantile, sur l'une des applications du groupe californien. 

La fenêtre rappelle que les abus sexuels contre les enfants sont illégaux, rappelle les conséquences du visionnage de tels contenus et comporte un bouton pour «demander de l'aide» qui renvoie vers des organisations spécialisées dans le traitement de ces comportements.

Le deuxième outil consiste en une alerte à destination des personnes qui ont partagé des photos ou vidéos montrant des enfants exploités: elle rappelle que ces contenus sont interdits pas Facebook, les informe des dommages que cela peut causer et des conséquences légales.

Facebook a déjà tout un système en place pour lutter contre la pédophilie sur ses plateformes. Ses algorithmes et modérateurs détectent et retirent les images, et les transmets au NCMEC, l'ONG spécialisée dans le travail avec les familles, les autorités et les entreprises en cas de kidnappings ou d'exploitation sexuelle (National Center for Missing & Exploited Children). Les comptes qui promeuvent ces contenus sont supprimés.

Selon une étude du réseau social, «les mêmes contenus, parfois légèrement modifiés, sont partagés de façon répétée»

L'entreprise de Menlo Park, dans la Silicon Valley, a analysé les images envoyées au NCMEC en octobre et novembre 2020: «90% de ces contenus sont les mêmes ou visuellement similaires à des contenus déjà repérés et signalés auparavant», indiqué Antigone Davis.

«Et les copies de six vidéos constituaient plus de la moitié des contenus d'exploitation infantile que nous avons relevés pendant cette période».

Les chercheurs se sont alors penchés sur les intentions des utilisateurs responsables de ce type de partages. «Nous estimons que plus de 75% n'étaient pas mal intentionnés. Ils semblaient avoir d'autres raisons, comme l'indignation ou de l'humour déplacé», ajoute la directrice.

Facebook se voit reprocher par de nombreuses autorités dans le monde sa décision de crypter toutes ses plateformes (dont Messenger) comme l'est déjà sa messagerie WhatsApp, afin de mieux assurer la confidentialité des utilisateurs.

Des gouvernements voudraient garder une porte d'accès, notamment pour la lutte contre la pédophilie.