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Gardons nos écoles de danse en vie

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Je vais vous parler de mes propres filles, mais le sujet touche aussi des milliers d’autres enfants, des enfants qui ont hâte de reprendre leur sport, leur art : la danse.

Depuis mars 2020, mes filles ont fait du ballet seulement pendant deux mois, l’été dernier, dans des camps de jour. Elles ont dansé un peu dans mon grand stationnement au printemps et pendant l’été, mais en bottes ou en espadrilles et même en manteau ! Bonjour la grâce ! Et par mauvais temps, on oublie ça, c’est impossible! 

Oui, il est possible de faire certains sports à l’extérieur. Mais le ballet ? Au sens plus large, la danse ? Je mets quiconque au défi de le faire ! Oui, le ballet est un sport, je vous le confirme ! 

Dur de pratiquer dans son salon

Ma grande fille de 13 ans fait du ballet depuis l’âge de 4 ans. Elle avait commencé à aider les tout-petits dans les cours. Ma plus jeune de 10 ans a commencé le ballet quand elle venait d’avoir 6 ans. Elle commençait tout juste à porter des pointes, fièrement d’ailleurs.

Notre école de ballet de Québec devra fermer ses portes si elle n’obtient aucune aide gouvernementale, après plus de 30 années d’existence. En 2020, elle a dû annuler le spectacle annuel des élèves, puis une compétition internationale de ballet (une première pour Québec !), et ensuite un spectacle à Montréal (aussi une première pour Québec !). Comment faire pour se sortir de cette catastrophe ?

Nous faisons ce que nous pouvons à la maison, mais, comme beaucoup d’autres danseurs, nous manquons de place. Difficile de pratiquer un grand jeté dans le salon s’il n’y a pas de place pour prendre son élan ! 

Ne pas perdre les acquis

Mes filles ont le ballet dans le sang ! Comment éviter qu’elles perdent tous leurs acquis ? Comment éviter que tous ces autres milliers de danseurs, qu’ils dansent le contemporain, le hip-hop, le jazz, le ballroom ou autre chose, perdent leur art, perdent l’intérêt pour leur art, perdent tout ce pour quoi ils ont travaillé si fort ?

Les écoles de danse ne peuvent pas rester en vie en restant fermées ! Toutes les mesures d’hygiène ont été prises l’été dernier dans les camps : les élèves dansaient avec leur masque, se lavaient les mains fréquemment, restaient à l’écart des autres le plus possible, ne dansaient pas en duo ou en groupe sauf à bonne distance, et aucun cas n’a été rapporté de tout l’été. 

Toutes ces écoles sont bien organisées : donnons-leur la chance de rester en vie et de redonner aux danseurs la place qu’ils méritent et, surtout, dont ils ont besoin.

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Nancy Goudreault

Maman de deux ballerines extraordinaires, et bénévole

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