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La mort de Gilbert Prince accidentelle et évitable

La mort du camionneur Gilbert Prince impliqué dans le carambolage sur l’autoroute 40 le 9 août 2016 est «accidentelle et évitable», conclut la coroner Stéphanie Gamache.

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«Gilbert Prince est décédé par suffocation dans un incendie sans exclure l’effet contributif possible de brûlures corporelles importantes consécutivement à un carambolage dans lequel il est impliqué, causé par l’arrêt intempestif d’un camion-citerne d’avitaillement circulant sur la voie publique. Il s’agit d’un décès accidentel», écrit Me Gamache dans son rapport dont TVA Nouvelles a obtenu copie.

Absence d’alcool dans le sang         

Des analyses toxicologiques pratiquées au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal montrent que Gilbert Prince, 59 ans, de Sainte-Anne-des-Plaines, n’avait pas d’alcool dans le sang. 

«L’alcoolémie est négative et la carboxyhémoglobinémie est inférieure à 10%. Aucune autre substance n’est détectée, mais étant donné la carbonisation de la dépouille, ces résultats doivent être interprétés avec circonspection», précise la coroner. 

Rappel des faits         

Gilbert Prince roule sur l’autoroute 40 en direction ouest par une magnifique journée d’été quand survient le triste accident entre les kilomètres 71 et 72 (rue Lajeunesse) de la voie rapide.

«Le carambolage est causé par l’arrêt soudain, à 15h55, d’un camion-citerne d’avitaillement appartenant à une compagnie d’aéronautique qui circule également sur l’autoroute 40 en direction ouest. Un camion cube qui circule derrière le camion d’avitaillement réussit à s’immobiliser sans le percuter. Ce deuxième camion est frappé à l’arrière par un troisième camion qui tente d’éviter l’impact, mais en vain. Le camion-citerne que conduit M. Prince percute ensuite ce troisième camion et il reste coincé dans sa cabine», rappelle Me Gamache.

L’impact entraine un déversement de diésel sur la chaussée sous le camion de Gilbert Prince qui s’enflamme. Le père de famille de quatre enfants est coincé dans son véhicule. Il est incapable de s’extirper de l’habitacle. Un bon Samaritain tente de lui venir en aide en vain. Ce sont les pompiers qui après avoir maîtrisé l’incendie découvrent la dépouille carbonisée du camionneur. 

Bombardier déjà blâmée         

Déjà en juin dernier, la Commission des transports du Québec concluait que «sans l’état mécanique déficient du véhicule Bombardier, l’accident mortel qui a entraîné le décès de Gilbert Prince ne se serait pas produit», fait savoir le rapport accablant de la commission contre la compagnie d’aéronautique québécoise.

Enquête de la CNESST       

La coroner Gamache reprend dans son rapport des éléments de l’enquête sur la CNESST qui s’est aussi intéressée au dossier puisque M. Prince est mort alors qu’il travaillait.

«Les enquêteurs de la CNESST évaluent que, dans les faits, la distance qui sépare le camion de Gilbert Prince du troisième camion est d’environ 31 m. Dans les circonstances, les enquêteurs concluent que l’accident entre les deux camions est inévitable puisque la distance entre ces véhicules est insuffisante pour permettre à M. Prince de réagir et d’immobiliser son camion.»

Recommandations de la coroner     

La coroner Stéphanie Gamache émet deux recommandations pour une «meilleure protection de la vie humaine» à l’endroit de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Elle suggère de procéder à une campagne de sensibilisation concernant les distances sécuritaires entre les usagers qui circulent sur le réseau routier.

Elle invite aussi la SAAQ à communiquer avec tous les corps policiers du Québec pour échanger concernant leurs initiatives en ce sens et ainsi favoriser la collaboration pour un partage sécuritaire optimal du réseau routier.