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La MRC de Minganie et les autochtones s’allient pour protéger la rivière Magpie

Une démarche a été lancée mardi pour faire de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, une personnalité juridique, permettant ainsi à des tribunaux de trancher un litige si une injustice est commise à ce cours d'eau.

Ce processus coordonné par l’Observatoire international des Droits de la Nature (OIDN) vise la protection de la rivière, et a pour objectif principal d’empêcher la construction d’une 2e centrale d’Hydro-Québec.

Sa protection fait l’objet d’un consensus régional entre le Conseil des innu d’Ekuanitshit et la MRC de Minganie, qui souhaitent mettre en valeur le potentiel récréotouristique de la rivière reconnue mondialement pour ses expéditions en eaux vives.

Ces deux entités ont alors adopté des résolutions pour faire reconnaître la rivière Magpie comme personnalité juridique.Avec ce nouveau statut, le cours d’eau se voit attribuer neuf droits ainsi que d’éventuels gardiens légaux responsables de leur respect. 

Le droit au respect de ses cycles naturels, le droit de maintenir son intégrité ou le droit d’ester en justice font ainsi partie de ces privilèges accordés par voie de résolution.Il s’agit d’une première au Canada selon les instigateurs de cette démarche.

«Le tribunal va être invité à changer ses paradigmes et valider les droits de la rivière. C’est ce qui est arrivé en Colombie, en Inde, au Bangladesh et d’autres tribunaux internationaux où les droits de la nature ont été reconnus par de la jurisprudence», a indiqué la présidente de l’OIDN, Yenny Vega Cardenas.

Hydro-Québec a également confirmé qu’il n’y a pas de projet de barrage sur la rivière Magpie à court ou moyen terme, mais que pour une question de sécurité énergétique, il ne serait pas responsable de renoncer définitivement au potentiel de ce cours d’eau.

Autant le chef de la communauté innue d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, que le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël, veulent protéger pour toujours cette rivière de tout développement hydroélectrique.

«Ça nous donne un point de plus au niveau international pour attirer éventuellement des clients. Ça ne veut pas dire qu’on va les attirer cette année ou dans 5 ou 10 ans. Mais peut-être que dans 15 ou 20 ans, on va pouvoir avoir un produit international à offrir», a expliqué le préfet Luc Noël.

Une autre démarche coordonnée par l’Observatoire international des Droits de la Nature a été entreprise pour faire reconnaître le fleuve Saint-Laurent comme personnalité juridique.

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