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Lutte anti-COVID en France: vers de nouvelles mesures dans le nord

Après le littoral de la Côte d'Azur, le gouvernement français s'apprêtait mardi à prendre de nouvelles mesures ciblées dans une partie du nord du pays où l'épidémie de COVID-19 flambe en raison du variant anglais.

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Décidé à territorialiser sa réponse à la crise sanitaire, le gouvernement envisage des «mesures supplémentaires de freinage» après une concertation avec les élus dans la ville du nord, ont annoncé les services du premier ministre Jean Castex mardi à l'AFP.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est attendu sur place pour trancher mercredi. Un conseil de défense sanitaire se tiendra aussi à l'Élysée autour du chef de l'État Emmanuel Macron.

Située sur le littoral du nord, en face de l'Angleterre et non loin de la frontière belge, Dunkerque affronte depuis plus de dix jours une flambée épidémique attribuée à la présence plus forte du variant britannique, plus contagieux. La hausse culminait lundi à 900 cas pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours, plus de quatre fois supérieur à la moyenne nationale (201).

Lundi, un confinement pour les deux prochains week-ends a été ordonné sur une partie de la Côte d'Azur (Sud-Est), où seules les sorties d'une heure seront autorisées dans un rayon de 5 km, avec une attestation pour se rendre chez le médecin, faire du sport ou se promener.

À partir de mardi, les commerces de plus de 5 000 m2 (hors pharmacies et commerces alimentaires) seront également fermés à Nice et 63 communes du littoral, alors que les bars, restaurants et lieux culturels sont déjà clos depuis bientôt trois mois.

À Nice, l'hôpital pédiatrique Lenval a annoncé qu'il reportait «toutes les interventions chirurgicales et les hospitalisations en service de médecine programmées» sur les douze prochains jours pour «pouvoir assurer la permanence des soins d'urgence», face «à des taux de positivité et d'incidence records, impactant également les personnels soignants».

Le confinement local, en vigueur depuis le 5 février à Mayotte, archipel français de l'océan Indien, était jusqu'ici inédit en métropole.

Couvre-feu uniforme

Après cinq semaines d'un régime uniforme de couvre-feu à 18h00 sur tout le territoire, cette politique de territorialisation constitue un changement de pied pour le gouvernement français.

«La logique est de prendre une approche locale, de faire du cas par cas, en concertation, car les situations sont différentes au sein des régions», a expliqué mardi à l'AFP l'entourage d'Emmanuel Macron.

La France a déjà été confinée à deux reprises, du 17 mars au 11 mai 2020, puis du 30 octobre au 15 décembre.

La situation est également surveillée de près en région parisienne, où le taux d'incidence a augmenté de 242 cas pour 100 000 habitants sur sept jours, à 269, de jeudi à vendredi, selon les chiffres de l'Agence régionale de santé (ARS).

À Paris, comme dans d'autres métropoles, les images de foules se promenant dans les parcs, ou de bandes d'amis prenant un verre, gobelet en plastique à la main, ont refait surface à la faveur du beau temps et la préfecture de police a interdit la consommation d'alcool de 11h à 18h dans deux zones très fréquentées du centre de la capitale.

Le nombre de patients atteints du COVID-19 hospitalisés en réanimation a dépassé lundi les 3 400 personnes en France, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis début décembre, mais qui reste toutefois loin des pics de la première et de la deuxième vague (7 000 et 4 900).

Le COVID-19 a tué au total près de 85 000 personnes dans le pays.