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Rapport du coroner: des chauffeurs d’autobus de la STM trop fatigués?

Le chauffeur d’autobus de la STM qui avait fauché mortellement une éducatrice de garderie en août 2019 était peut-être trop fatigué pour être volant.

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C’est ce qui ressort du rapport de la coroner qui a étudié les circonstances de cet accident tragique.

Le matin du 26 août 2019, Bernadette Boulé avait été percutée mortellement par un autobus de la Société de transport de Montréal (STM) à l'intersection de la rue Sauvé-Est et du boulevard Saint-Laurent à Montréal alors qu’elle était en chemin vers la garderie où elle travaillait comme éducatrice.

La femme de 51 ans était décédée des suites de ses multiples fractures.

Aucune accusation criminelle n’a été retenue contre le chauffeur d’autobus et la coroner pointe plutôt la fatigue au volant.

Le chauffeur impliqué complétait un autre quart de travail, son horaire habituel étant de 37 heures par semaine. 

L'enquête a révélé que lors des huit semaines précédentes, il avait cumulé en moyenne 27 et 42 minutes de temps supplémentaire par semaine. 

Dans les 48 heures avant la tragédie, il a été au volant d'un autobus pendant plus de 30 heures. 

À la STM, le temps supplémentaire est accordé sans limite et par ordre d'ancienneté.

La société de transport sensibilise ses conducteurs à la fatigue au volant, tout en offrant des consultations médicales, mais promet de faire plus.

«À notre dernier renouvellement de convention collective, le point central était justement le temps supplémentaire», fait savoir la directrice exécutive exploitation bus de la STM, Renée Amilcar.

«Seulement 100 chauffeurs sur les 4000 chez nous, à la STM, qui sont dans la catégorie des gros consommateurs de temps supplémentaire.»

Ils font en moyenne une vingtaine d'heures supplémentaires par semaine. 

Le règlement sur les heures de conduite et de repos des conducteurs de véhicules lourds prévoit une exemption pour les chauffeurs d'autobus ou de minibus d'une société de transports en commun. Aucune limite d'heures de conduite ne leur est imposée. 

La coroner recommande que ce règlement soit modifié.