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Un décès qui secoue le monde de la boxe québécoise

Pascal Girard/AGENCE QMI

Le décès tragique d’une entraîneuse de boxe olympique dans un incendie sur la Rive-Sud de Montréal crée une onde de choc dans le milieu alors qu’elle avait pavé le chemin pour les «femmes coachs».

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«Je pense que dans le monde amateur de boxe au Québec, quand on mentionne Chantal Lippé, pas mal tout le monde la connaît. [...] Elle a marqué les gens partout où elle allait», a mentionné avec émotion Roxane Leblanc, qui avait été entraînée durant plusieurs années par la femme de 55 ans, en plus de remporter deux fois le championnat canadien sous sa gouverne.

La femme de 30 ans, qui a connu toute sa vie la victime, avoue avoir perdu « une amie et une confidente » dans ce drame survenu dimanche à Sainte-Catherine, alors que la résidence de Mme Lippé a violemment pris feu, vers 21h45.

À l’arrivée des pompiers, l’embrasement était déjà important et les flammes se sont très rapidement propagées. Pour une raison toujours inconnue, l’entraîneuse de boxe n’a pas été en mesure de sortir à temps.

Le conjoint de Mme Lippé, André Blais, lui aussi bien connu dans le milieu de la boxe, a pu sortir de la maison. Il a toutefois été hospitalisé après avoir inhalé beaucoup de fumée. Selon les policiers, l’incendie serait de cause accidentelle.

La nouvelle du décès de Chantal Lippé a frappé durement le milieu de la boxe au Québec, elle qui était bien respectée. Une énorme vague de sympathie a déferlé sur les réseaux sociaux.

«Le monde de la boxe olympique au Québec est tissé serré. [...] C’est une nouvelle bouleversante, a laissé tomber Ariane Fortin-Brochu, présidente de la Fédération québécoise de boxe olympique. On se souviendra d’elle comme d’une entraîneuse motivée, bienveillante, déterminée. Les mots sont faibles pour décrire à quel point elle était passionnée.»

Le respect avant tout

«Elle a été présente dans tous les moments de ma vie, que ce soit les plus difficiles ou les plus joyeux. [...] Elle comprenait tout le temps comment je pouvais me sentir», a souligné Roxane Leblanc.

Le respect de l’adversaire, même dans la défaite, était aussi primordial pour l’entraîneuse.

«Si t’allais pas féliciter ton adversaire, si tu manquais de respect, tu allais en entendre parler. Ce n’était pas accepté dans le gym de Chantal», a raconté Isabelle Ménard, qui a aussi été entraînée par la victime.

«Elle m’a amenée à des places que jamais je ne serais allée. J’avais des rêves en boxe et je les ai réalisés grâce à elle», a-t-elle

soutenu, ajoutant lui en devoir beaucoup.

Chantal Lippé espérait voir davantage de « femmes coachs », comme elle aimait les appeler, dans toutes les disciplines. Elle voulait même lancer une page Facebook afin de toutes les réunir au même endroit, un projet qui n’aura finalement jamais vu le jour.