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Un réseau internet fragile sur la Côte-Nord

PHOTO COURTOISIE/Telus

Depuis le branchement des communautés isolées de la Basse-Côte-Nord il y a quelques semaines, l’ensemble des citoyens de la Côte-Nord a accès à internet haute vitesse. Il faudra toutefois attendre 2023 pour qu’un deuxième réseau prenne le relais en cas d’incident. D’ici là, un simple bris de poteau pourrait couper le signal et isoler la région.

Entre la couverture de Vidéotron, qui dessert les 200 km qui séparent Tadoussac de Baie-Comeau, et celle de Telus, qui s’étend à l’est jusqu’à Blanc-Sablon, les citoyens de la Côte-Nord sont plutôt bien desservis en matière d’internet haute vitesse.

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La fibre optique se rend jusqu’au bout de la route 138, à Kegaska. Au-delà, c’est un réseau de technologie sans fil LTE qui prend le relais pour alimenter les 15 villages dispersés le long de la côte.

Révolution pour les citoyens

En début d’année, Telus a terminé son déploiement jusqu’à Blanc-Sablon, un projet de 23 millions $ auquel ont participé les gouvernements provincial et fédéral. Une véritable révolution pour ces communautés isolées qui n’ont jamais eu accès à la haute vitesse.

Randy Jones, préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent et maire de Gros-Mécatina, a enfin pu expérimenter une connexion internet stable.

« J’ai pu faire une rencontre avec des collègues de partout au Canada sur Zoom, pendant cinq heures. C’est incroyable comme cette technologie va nous ouvrir au reste du pays. »

Même si l’internet haute vitesse est accessible dans toute la région, les élus craignent une interruption du service en cas de bris du réseau principal. Le problème ? Le manque de redondance, c’est-à-dire l’absence de réseau relais.

« Pour l’instant, il n’y a qu’un réseau principal de fibre optique qui longe la 138. Si un accident cause la chute d’un poteau, le signal pourrait être rompu et toute la région serait privée d’internet. C’est pour ça qu’en 2012, on a fait une demande à Hydro-Québec pour utiliser son réseau de fibre optique privé, qui passe au nord de la région, mais ils nous ont refusé l’accès », rapporte Luc Noël, préfet de la Minganie.

Le cellulaire dans la mire

Ce problème pourrait être bientôt résolu. Avec l’aide du gouvernement du Canada, Telus a entrepris en septembre dernier un impressionnant chantier de 15 M$ pour déployer un câble de fibre optique sous-marin entre la Gaspésie et Sept-Îles.

Advenant un bris sur le réseau de transport principal, ce câble sous-marin doit assurer la continuité des services internet, de télévision et de téléphonie filaire et mobile pour les communautés situées entre Baie-Comeau et Blanc-Sablon. Les travaux devraient être terminés d’ici 2023.

Après l’internet, il faudra s’attaquer à la téléphonie sans fil, croit Marcel Furlong, préfet de la MRC de Manicouagan.

« On commence à être bien desservis en matière d’internet, mais le problème qu’il nous reste encore, c’est surtout le signal cellulaire instable par endroits à cause de la topographie accidentée. »

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