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Le candidat de Biden à la tête de la CIA brandit la menace chinoise

La Chine représente la plus grande menace pour les États-Unis, a affirmé mercredi le candidat de Joe Biden au poste de directeur de la CIA, William Burns, qui a promis de garantir l'indépendance de l'agence de renseignement américaine vis-à-vis du monde politique.

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Sur une scène internationale, «de plus en plus complexe et concurrentielle», l'attitude «prédatrice» du gouvernement chinois représente «notre plus grand défi géopolitique», a assuré l'ex-diplomate lors de son audition devant la commission du renseignement du Sénat, qui doit approuver sa nomination.

Il devra ensuite être investi lors d'un vote en séance plénière au Sénat.

«Devancer la Chine sera essentiel pour notre sécurité nationale dans les prochaines décennies», a-t-il dit. «Cela demandera une stratégie à long terme, claire et soutenue par les deux partis, étayés par une réforme intérieure et un renseignement fiable.»

S'il est dans l'intérêt de Washington et de Pékin de travailler ensemble sur le changement climatique ou la non-prolifération nucléaire, l'ex-numéro deux de la diplomatie américaine a mis en garde contre le régime chinois, qui «renforce méthodiquement ses capacités de vol de propriété intellectuelle, réprime son peuple, harcèle ses voisins, étend son pouvoir dans le monde et construit son influence au sein de la société américaine».

La CIA a été, ces dernières années, visée par les services de renseignement chinois, qui ont recruté plusieurs agents et diplomates américains. Il y a une dizaine d'années, Pékin avait également réussi à démanteler un réseau d'informateurs de l'agence américaine en Chine.

William Burns a souligné que la bataille pour la supériorité technologique dans le renseignement, dont l'utilisation de l'intelligence artificielle, sera un élément clé de sa mission. Il a aussi prôné le recrutement d'agents parlant le mandarin.

Outre la Chine, la Russie -- «agressive» -- et l'Iran -- «hostile» -- sont les autres grandes menaces pesant sur les États-Unis, a-t-il indiqué.

Évoquant ses années d'ambassadeur des États-Unis à Moscou, de 2005 à 2008, il a dit avoir appris «que c'est toujours une erreur de sous-estimer la Russie de Vladimir Poutine».

«Même si la Russie à de nombreux égards est une puissance déclinante, elle peut être aussi perturbatrice» que des puissances émergentes comme la Chine, a-t-il estimé.

Artisan du dialogue avec l'Iran qui a débouché sur l'accord nucléaire international en 2015, il a estimé que les États-Unis devaient «tout faire pour empêcher l'Iran de développer une arme nucléaire».

À 64 ans, William Burns doit remplacer Gina Haspel, première femme à diriger la CIA, dont la carrière est entachée par son rôle controversé dans des programmes de torture après les attentats du 11 septembre.

Il assuré que les méthodes d'interrogatoire poussé «ne seront jamais utilisées par la CIA» sous sa direction, qualifiant la simulation de noyade d'«acte de torture».

Il a aussi été choisi pour restaurer l'indépendance de l'agence de renseignement, que Donald Trump est accusé d'avoir voulu politiser en nommant des fidèles à sa tête.

«La politique doit s'arrêter là où le travail de renseignement commence», a-t-il souligné, en évoquant sa longue carrière au Moyen-Orient et en Russie.

«J'ai appris que les professionnels du renseignement doivent dire aux responsables politiques ce qu'ils doivent entendre, même si ce n'est pas ce qu'ils veulent entendre.»

Diplomate pendant 33 ans, William Burns avait pris sa retraite en 2014 avant de présider la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un cercle de réflexion sur les relations internationales, dont le programme d'échange avec une organisation chinoise considérée comme un organe de propagande a été critiqué par certains élus de la commission.

Si son profil est atypique pour le poste -- il n'est ni militaire, ni politique, ni issu du renseignement -- William Burns a assuré les élus de sa connaissance approfondie de la CIA, qu'il a régulièrement côtoyée dans sa carrière.

Il a également mis l'accent sur la nécessité pour la CIA de coopérer avec les pays alliés des États-Unis, notamment pour contrer la Russie, contrairement à l'attitude conciliante vis-à-vis de Moscou adoptée par Donald Trump.

«Nous aurons plus d'effet sur les calculs de Poutine si on voit des réponses fermes non seulement des États-Unis, mais aussi de nos alliés européens et d'autres encore», a-t-il dit.

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