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Le scénario imposé

À 47 ans, Dominique Ducharme obtient sa première chance comme entraîneur en chef. Le petit gars originaire de Joliette, comme l’a rappelé Marc Bergevin, fera ses premiers pas avec l’organisation de son enfance, le Canadien de Montréal.

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Ducharme n’arrivera pas dans un univers inconnu. Depuis la saison 2018-2019, il se retrouvait derrière le banc du CH dans un rôle d’adjoint à Claude Julien. Il a maintenant la responsabilité de le remplacer.

«Si tu m’avais dit, tu vas écrire un film et ça se termine [avec le fait que tu deviens] l’entraîneur en chef du Canadien, ce n’est pas le scénario que j’aurais choisi, a dit Ducharme. Dans le sens que j’étais déjà avec l’équipe. Aujourd’hui, je ressens des sentiments partagés. Je perds deux collègues que j’appréciais beaucoup. Claude est une personne extraordinaire. C’est lui qui m’a ouvert la porte. Avec les années, j’avais aussi appris à connaître Kirk [Muller]. Malgré cela, je suis excité par le défi et je me sens prêt.»

«On est tous dans le même bateau. On veut tous la même chose. Maintenant, il faut s’assurer de pousser dans la même direction avec notre plan.»

Calme et posé 

Il y avait probablement une tonne de choses qui se bousculaient dans la tête de Ducharme. Les événements se déroulaient à une vitesse assez vertigineuse. Avant le départ de l’équipe pour Winnipeg, il a appris qu’il héritait du titre d’entraîneur par intérim. Bergevin lui a annoncé la nouvelle à l’hôtel de l’équipe, à Ottawa, au lendemain de ce revers de 5 à 4 en tirs de barrage.

Dans l’avion, Ducharme a discuté avec Luke Richardson, Stéphane Waite et Alex Burrows des stratégies à implanter pour redresser la barque. À sa sortie de l’avion, il a rapidement pris place sur un siège dans une salle de conférence du Delta au centre-ville de Winnipeg pour participer à sa première conférence de presse.

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Malgré le contexte, Ducharme a gardé son calme, répondant aux questions sans tomber dans une trop grande vague d’émotions. On le sentait en confiance et en contrôle.

«Je me sens préparé. Quand tu es préparé pour ton examen à l’école, tu te fous des questions, tu es prêt à répondre, a-t-il imagé. Tu es nerveux si tu n’as pas étudié. J’ai confiance dans le groupe, dans les gars avec qui je travaille.»

L’ancien entraîneur des Mooseheads d’Halifax et des Voltigeurs de Drummondville n’a toutefois pas trop détaillé son plan à construire. Il est resté en surface puisqu’il n’avait pas encore eu la chance de le présenter à ses joueurs.

«On veut avoir un plan, un plan qui sera clair, a-t-il répondu. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Je dois m’asseoir avec les entraîneurs. Je rencontrerai les joueurs ce soir. On se donnera des objectifs. On va commencer de cette façon. Je voudrai apporter des changements dans les trois zones, mais j’en parlerai à mes joueurs en premier.»

Ducharme aura également la pression de gagner rapidement. Bergevin l’a répété plus d’une fois durant sa conférence de presse. Il y a des attentes élevées avec ce groupe.

«Si on trouve que la barre était trop haute, qu’est-ce qu’on ferait dans ce sport-là? C’est la meilleure ligue au monde. Si tu n’es pas compétitif, tu n’es pas à la bonne place.»

D’invité à homme de confiance 

À l’été 2014, Ducharme avait reçu une invitation de Michel Therrien pour agir comme entraîneur invité au camp de développement de l’équipe. Il était accompagné par un autre bon jeune entraîneur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en Éric Veilleux, qui dirigeait le Drakkar de Baie-Comeau.

Un an plus tôt, Ducharme avait conduit Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et les Mooseheads à la conquête de la coupe du Président et de la coupe Memorial.

«Ça a été un long chemin pour moi. Je n’ai pas pris l’autoroute, j’ai pris le petit chemin, a rappelé Ducharme. Ça part de loin. Je m’étais toujours dit que quand j’ai arrêté de jouer, je voulais devenir entraîneur dans la LNH. D’un défi à l’autre, ça m’a amené ici. Maintenant, il reste beaucoup de [chemin] à parcourir.» 

À sa troisième saison avec le Tricolore, Ducharme se sent maintenant mieux outillé pour jouer le rôle de chef.

«À chaque année, tu es meilleur. Tu dois te défier comme coach pour t’améliorer. Si j’étais resté une autre saison comme assistant, j’aurais appris d’autres choses. Aujourd’hui, je vais vivre une autre aventure comme entraîneur en chef. J’ai aussi grandi de mes expériences dans le junior, sur la scène internationale et [lors de] mes deux années comme adjoint.» 

Une pensée pour Jacques 

Ducharme a glissé quelques mots au sujet de son plus grand partisan, son père Jacques. À Helsinki en décembre 2015, il avait vécu le deuil de son père alors qu’il occupait un poste d’adjoint avec Équipe Canada (ÉCJ) au Mondial junior.

«Avec Hockey Canada, c’était propice à ça, parce qu’il est parti durant le tournoi. Ce tournoi-là restera toujours attaché à son départ. C’est émotif. J’aimerais ça qu’il soit là aujourd’hui. Je ne sais pas ce qui se passe en haut, mais il y en a un qui doit avoir un gros sourire.»

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