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Montréal veut mettre un terme à la chasse sur l’île

Cerf de Virginie

Photo Ben Pelosse

Des élus de Montréal ne veulent plus de chasseurs sur l’île, ce qui fait sourciller des adeptes de cette pratique qui la croient nécessaire pour contrôler certaines populations d’animaux à proximité de zones urbaines.

Par exemple, dans l’ouest de l’île, le secteur boisé du Parc-nature de l’Anse-à-l’Orme est un territoire prisé par certains chasseurs en raison de la qualité du gibier, notamment les cerfs de Virginie.

Mais pour la mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, la chasse dans sa ville a assez duré. C’est carrément dangereux, explique-t-elle, alors que la fréquentation des espaces verts a explosé avec la pandémie.

«Est-ce que c’est logique qu’on puisse chasser sur le mont Royal? Si la réponse est non, c’est exactement la même chose dans l’ouest de l’île», fait valoir Mme Hawa.

Cette dernière compte faire adopter une motion ce soir au conseil d’agglomération pour demander au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs d’interdire la chasse partout sur l’île. La motion a déjà reçu l’appui unanime des élus de la Ville de Montréal.

Flou permissif 

Malgré des règlements municipaux censés interdire la chasse ou de pouvoir décharger une arme à feu, c’est la loi provinciale qui prévaut. Ainsi, les détenteurs de permis peuvent chasser sur l’île.

Un chasseur à l’œuvre à Sainte-Anne-de-Bellevue depuis plusieurs années explique avoir choisi ce secteur en raison de la quantité et de la taille des cerfs de Virginie. Il a demandé à taire son identité, car il craint tout de même de recevoir des amendes de la municipalité.

«Mon plus gros défi, c’est d’essayer de faire ça sans choquer personne. J’essaie de rentrer en forêt habillé comme tout le monde», dit-il, en assurant prendre toutes les précautions pour chasser de façon sécuritaire.

Chasse menacée ? 

Des adeptes de la chasse près des villes attendent avec attention la décision du ministère quant à l’interdiction demandée à Montréal. Si celle-ci est accordée, ils craignent que cela ouvre une boîte de Pandore et que d’autres municipalités réclament la même chose.

Cette préoccupation habite Francis Dumont, qui chasse dans les boisés de l’ouest de Laval. «C’est sûr que les autres villes vont s’essayer», pense-t-il.

Pour le biologiste Michel La Haye, PDG d’Enviro Science et Faune, il faudrait plutôt mieux encadrer la chasse pour éviter la surpopulation des cerfs de Virginie dans ce secteur. «On va se retrouver avec le même débat que celui de Longueuil», craint-il.