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Cocaïne: le juge Michel Girouard prend sa retraite

Michel Girouard

Photo d'archives, Martin Alarie

Ayant épuisé ses recours pour éviter sa révocation, le juge Michel Girouard a pris sa retraite, a annoncé jeudi le ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti.

Plus tôt dans la journée, la Cour suprême avait fermé la porte au juge Girouard en refusant d’entendre son appel. Face à cette décision, le magistrat a quitté son poste à la Cour supérieure du Québec, décision en vigueur dès maintenant.

«Il s’agit du dernier acte d’une saga qui a duré trop longtemps, qui a porté atteinte aux droits d’accès à la justice des justiciables et qui a coûté des millions de dollars aux Canadiens», a réagi par courriel le président du Conseil de la magistrature, Richard Wagner.

Soupçonné d’avoir acheté de la cocaïne en Abitibi avant sa nomination, en 2010, le juge a multiplié les procédures juridiques pour éviter sa révocation recommandée par le Conseil canadien de la magistrature qui s’est penché sur cette affaire dès 2012.

«Le processus long, coûteux et parfois frustrant qui s'est terminé aujourd'hui démontre la nécessité de réformer le processus disciplinaire de la magistrature», a affirmé le ministre de la Justice par communiqué.

«Notre gouvernement est à élaborer des propositions pour que le processus de discipline mène à des décisions finales de façon équitable et rapide et à un coût raisonnable pour le trésor public, tout en respectant les exigences de l'indépendance judiciaire», a-t-il ajouté.

Un projet de réforme également soutenu par le président du Conseil de la magistrature.

«Comme l’a déclaré le ministre de la Justice aujourd’hui même, "les Canadiens méritent mieux"», a soutenu M. Wagner.

Le juge Girouard, qui avait accédé à la magistrature en 2010, s’était retrouvé dans l’eau chaude à la suite d’une vaste enquête visant le trafic de cocaïne en Abitibi.

Dans le rapport d’enquête de la Sûreté du Québec, il était indiqué que M. Girouard, alors avocat, aurait acheté une «substance illicite» au propriétaire d’un club vidéo.