/news/politics

Trop peu de suivis pour assurer la sécurité ferroviaire, selon la VG

Près de huit ans après la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, la vérificatrice générale du Canada estime que Transports Canada tarde à appliquer toutes les recommandations formulées en 2013.

Plus précisément, le ministère ne serait pas en mesure d’assurer que les améliorations en matière de surveillance ferroviaire portent leur fruit.

Le problème, selon la vérificatrice générale (VG) Karen Hogan, tient principalement au fait que le ministère des Transports n’a pas établi un système de suivi assez rigoureux pour bien mesurer l’impact de ses mesures.

«Nous avons constaté que Transports Canada n’avait pas mesuré l’efficacité globale de ses activités de surveillance de la sécurité ferroviaire. Le Ministère n’avait pas déterminé si la sécurité ferroviaire s’était améliorée grâce à ses inspections et vérifications des systèmes de gestion de la sécurité», est-il écrit dans un rapport publié jeudi.

La VG note toutefois que d’«importantes améliorations» à la surveillance ont été apportées. Le problème se situe plutôt au niveau de l’évaluation de l’efficacité de cette surveillance.

En ce sens, la VG recommande notamment d’enjoindre les entreprises ferroviaires à fournir plus de données probantes et de plus amples informations liées à la sécurité.

De plus, le rapport note qu’entre 2017 et 2018, la quantité de pétrole brut et de mazout transportés par train a fait un bond de plus de 45 %. «Cette intensification du trafic ferroviaire entraîne l’usure des voies ferrées, ce qui peut présenter des risques supplémentaires pour la sécurité», a-t-on indiqué.

À cela se combine une augmentation des terres aménagées près des voies ferrées et dans les zones urbaines qui, selon la VG, augmente les risques liés à la sécurité des automobilistes et des piétons.

«En raison de tous ces facteurs, il est plus important que jamais que Transports Canada, les compagnies de chemin de fer et les autres parties prenantes travaillent ensemble afin de rendre le transport ferroviaire aussi sûr que possible pour l’ensemble de la population canadienne», fait-elle savoir.

Le Parti conservateur, par l’entremise du député de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, s’est dit «extrêmement déçu» par les révélations faites par la VG.

«La vérificatrice générale dévoile que Transports Canada n’a pas mesuré l’efficacité des systèmes de gestion de la sécurité ferroviaire. On inspecte plus, mais on ne fait rien pour s’assurer que les lacunes sont corrigées», a dit Luc Berthold, par communiqué.

Il a ajouté que le précédent ministre des Transports, Marc Garneau, a «échoué» à faire de la sécurité ferroviaire une priorité comme il s’y était engagé. «J’invite le nouveau ministre des Transports [Omar Alghabra] à faire mieux, plus vite, et à faire en sorte que cette fois, ce rapport ne reste pas sans réponse», a ajouté l’élu conservateur.

De son côté, le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a dit par courriel que le gouvernement Legault est inquiet «de constater qu’il y a encore des améliorations à apporter à la sécurité ferroviaire. Pour les Méganticois et pour l’ensemble des Québécois, le gouvernement fédéral a le devoir de prendre les recommandations du Vérificateur général du Canada au sérieux et d’y donner suite rapidement».

Enfin, la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire a parlé d’un «constat d’échec» à la caméra de TVA Nouvelles, jeudi. «Le ministre Garneau, lors de sa nomination, son premier engagement c’était l’amélioration de la sécurité ferroviaire au Canada. Malheureusement, huit ans plus tard après la tragédie de Lac-Mégantic, on constate qu’il n’y a eu aucune amélioration», a dit le porte-parole Robert Bellefleur.