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Trudeau était prêt à tout pour miner les souverainistes, selon Claude Morin

Pierre Elliott Trudeau

Raymond Bouchard / Le Journal de Montreal

L’ancien ministre péquiste Claude Morin n’a pas été surpris par les récentes révélations sur les discussions de Pierre Elliott Trudeau pour miner le gouvernement du Parti québécois en 1976.

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«Je me suis toujours douté que Trudeau prendrait des moyens plus ou moins corrects pour lutter contre nous. Ça ne m’étonne pas», a-t-il déclaré au micro d’Antoine Robitaille sur QUB radio, jeudi.

Selon des câbles diplomatiques, Trudeau père avait demandé au président de Power Corporation, Paul Desmarais, de délocaliser des emplois pour faire monter le taux de chômage au Québec à la suite de l’arrivée des péquistes au pouvoir.

Selon Claude Morin, le premier ministre du Canada n’avait pas digéré l’élection de René Lévesque, quelques mois après avoir affirmé que le séparatisme était mort.

«Je suis persuadé, aussi vrai que j’existe, que son orgueil a été pas mal secoué et que ça l’a humilié. Pour des raisons irrationnelles, il ne nous la pas pardonné», a ajouté l’ancien politicien.

«Il était prêt à prendre n’importe quel moyen pour lutter contre le mouvement souverainiste. Il n’y avait pas de morale qui jouait dans ce cas-là. Il a été l’équivalent de certains hommes d’État qu’on voit ailleurs dans d’autres pays moins civilisés.»

Renommer Montréal-Trudeau 

À la lumière des révélations, Claude Morin croit qu’il faut renommer l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, qu'on appelle aussi Montréal-Trudeau.

En se remémorant ses années aux côtés de René Lévesque, Claude Morin en profite également pour défendre sa place dans l’histoire. Le père de l’étapisme se défend d’avoir été une taupe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au sein du mouvement souverainiste. S’il a discuté avec des agents de la police fédérale, il dément avoir été un informateur.

«On a prétendu que j’avais collaboré avec les gens d’Ottawa contre le Québec, a-t-il dit. Je mets au défi n’importe qui de démontrer que j’ai manqué à mon devoir envers le Québec.»