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Des conditions «invivables» pour les sans-abris à Gatineau

Jadrino Huot / AGENCE QMI

Des sans-abris qualifient d’«invivables» les conditions au centre d’hébergement d’urgence aménagé à l’aréna Robert-Guertin, à Gatineau, selon un rapport publié vendredi qui fait aussi état d’un taux de roulement de personnel alarmant. 

Le document préparé par le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) met en lumière de multiples enjeux de santé, tant physique que mentale, et de sécurité vécus par les personnes hébergées, souvent en état de crise, et par le personnel.

«Ce milieu de vie cacophonique, voire instable, crée un environnement hautement anxiogène. En raison de la quantité de personnes présentes, les mesures exigées par la santé publique sont difficilement applicables sans créer de nouvelles tensions», écrit l’auteur du rapport, Alexandre Deschênes, organisateur communautaire avec le CRIO.

Ressources manquantes

Surcharge de travail, épuisement, violence, ces circonstances pèsent lourd sur les épaules des intervenants. À preuve, pas moins de 180 employés ont travaillé auprès des itinérants dans les centres d’hébergement d’urgence de Gatineau depuis le début de la pandémie.

«L’insuffisance de ressources humaines nuit à l’adoption d’une approche d’intervention axée sur le cheminement et le rétablissement. Les liens de confiance deviennent impossibles à développer», peut-on lire dans le document d’une quinzaine de pages.

La hausse significative du nombre de personnes en situation d’itinérance, jumelée à l’arrivée des temps froids, ont mené à ce point de rupture.

Relocalisation

Le centre d’hébergement d’urgence pour les sans-abris a été transféré du centre Père-Arthur-Guertin à l’aréna Robert-Guertin en mai 2020 à titre de solution temporaire. Or, le domicile de l’équipe de hockey junior des Olympiques de Gatineau est toujours occupé par les sans-abris près d’un an plus tard.

Les lieux sont mal adaptés aux besoins des usagers actuels. Cinquante-neuf lits sont aménagés sur la patinoire dans des cubicules sans porte séparés par des draps, menant à un manque d’intimité et à des vols. De plus, les installations d'hygiène ne répondent pas au nombre d’occupants.

Aux yeux du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais, une relocalisation à proximité d’un site de prévention des surdoses est nécessaire dans les circonstances. Les rencontres entre les divers acteurs du milieu n’ont toutefois abouti à aucune solution à long terme pour le moment.