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Le passeport vaccinal est déjà bien en place ailleurs

L’idée d’un passeport vaccinal suscite l’intérêt de plusieurs pays, dont certains l’ont déjà mis en place, et de l’industrie touristique durement affectée par la pandémie, mais elle est loin de faire l’unanimité sur la scène internationale.  

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Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pas question « pour le moment » que le certificat de vaccination soit un prérequis pour voyager.

L’OMS s’inquiète que la vaccination prioritaire des voyageurs se fasse au détriment des populations plus vulnérables ailleurs dans le monde, alors que les doses sont limitées. 

Son comité d’urgence ajoute que « les individus qui n’ont pas accès au vaccin seraient injustement empêchés de se déplacer si la preuve de vaccination devenait obligatoire ».

La France juge également le débat sur les attestations de vaccination « prématuré », alors que seules 222 millions de doses ont été administrées dans le monde, sur une population mondiale d’environ 7,8 milliards. 

L’Allemagne se montre aussi réticente à l’idée, de peur qu’elle oblige la vaccination de facto et soit discriminatoire. Son comité d’éthique a aussi souligné qu’on ignorait l’efficacité réelle du vaccin à réduire la transmission du coronavirus.  

Pas une idée nouvelle       

Plusieurs pays exigent déjà des certificats de vaccination pour protéger la santé des voyageurs.

Une preuve de vaccin contre la fièvre jaune est par exemple nécessaire pour franchir la frontière du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, du Niger ou du Rwanda.

Ces attestations sont imprimées puis brochées au passeport. 

Les pays précurseurs       

Israël, dont la moitié de la population a déjà reçu une première dose, a créé un « passeport vert » qui est désormais requis pour accéder aux gyms, aux salles de spectacles, aux synagogues et aux hôtels du pays. 

Le document officiel est valide pour six mois et les citoyens peuvent l’obtenir une semaine après leur deuxième dose, ou s’ils ont déjà attrapé la COVID-19.

Des accords avec la Grèce et Chypre ont aussi été conclus pour que leurs ressortissants vaccinés puissent voyager entre les pays signataires sans restriction. 

Ailleurs, la Suède et le Danemark ont annoncé la mise en place prochaine de certificats électroniques de vaccination permettant à leurs résidents de manger au restaurant ou d’assister à des concerts.

Mais plusieurs pays misent surtout sur les passeports vaccinaux pour faciliter l’arrivée des voyageurs. 

En Estonie, en Roumanie, en Géorgie et en Pologne, il leur suffira de prouver qu’ils ont été vaccinés pour être exemptés de quarantaine à leur arrivée. La Thaïlande considère sérieusement des mesures semblables.

De son côté, l’Islande a commencé fin janvier à émettre pour ses propres citoyens des certificats de vaccination censés faciliter la circulation entre les pays.

Les États-Unis se sont aussi montrés intéressés à l’idée d’une preuve de vaccination numérique. Joe Biden a signé un décret dans les premiers jours de sa présidence pour demander à ses agences gouvernementales d’« étudier la faisabilité » de l’idée.

Le Royaume-Uni, lui, compte profiter de sa présidence du G7 pour faire avancer l’implantation d’un passeport vaccinal reconnu par tous les pays. 

Le tourisme à l’affût       

L’industrie touristique et le secteur de l’aviation sont parmi les principaux promoteurs du passeport vaccinal, qui laisse entrevoir la reprise de leurs activités.

La compagnie aérienne australienne Qantas avait la première évoqué dès novembre la « nécessité » que les voyageurs internationaux soient vaccinés contre la COVID-19 pour embarquer.

L’Association internationale du transport aérien a depuis développé une application pour garantir l’authenticité du certificat de vaccination des voyageurs et confirmer qu’il correspond aux exigences de leur destination. 

Les compagnies aériennes Air New Zealand, Emirates et Etihad la testeront dans les prochaines semaines. 

Des agences de voyages, des hôtels et des croisiéristes envisagent aussi d’exiger une preuve de vaccination afin d’assurer la sécurité de leurs clients.