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Rebondissement dans la saga du Collège Massawippi

La vente du Collège Massawippi d'Ayer's Cliff suscite des inquiétudes. Particulièrement chez les avocats qui pilotent le recours collectif contre la congrégation des Servites de Marie, la firme Kugler Kandestin.

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C'est que la congrégation visée par le recours collectif, les Servites de Marie du Québec, est la même qui a mis en vente le collège il y a quelques mois.

Il vient d'être acheté par les Servites de Marie, mais ceux de France. Même congrégation, deux entités juridiques distinctes.

«C'est certain que pour nous, c'est une transaction qu'on va vouloir surveiller de près, a avoué en entrevue Me Oliveira Pajani. On n’a pas d'information pour l'instant, mais on va vouloir voir ce qui s'est passé avec les produits de la vente de ce collège-là, pour nous assurer que l'argent puisse servir à payer les victimes.»

Parce que le recours collectif exige qu'une somme de 15 millions de dollars en dommages punitifs et exemplaires soit versée par la congrégation pour des agressions sexuelles perpétrées par ses membres entre les années 1948 à 2007.

On leur reproche «de ne pas avoir pris les mesures pour protéger les jeunes garçons dont la garde et l'éducation leur avaient été confiées par les parents contre les agressions commises par des religieux, malgré qu'ils en avaient connaissance ou ne pouvaient les ignorer.

Jusqu'à maintenant, plus d'une centaine de personnes disent avoir été agressées sexuellement à l'intérieur des murs du Collège Massawippi, alors connu sous le nom de Collège Servite et Collège Notre-Dame des Servites.

Mais les pères auraient pu faire davantage de victimes, selon Me Pajani.

«À l'heure actuelle, il y a sûrement énormément de victimes qui ont peur de se manifester et qui suivent le processus judiciaire de loin. Habituellement, quand un jugement final est rendu, une fois qu'un règlement est annoncé, c'est là que la majorité d'entre eux se manifeste.»

Le procès débutera le 17 mai prochain. Une vingtaine de présumées victimes témoigneront.

Parallèlement à ce recours, le premier père accusé, Jacques Desgrandchamps, était de retour devant les tribunaux cette semaine.

Il a été jugé apte à faire face aux procédures.

Rappelons qu'avant d'être envoyé en évaluation, le père Desgranchamps avait indiqué vouloir plaider coupable.

Il sera de retour en cour le 19 mars prochain.