/news/law

Son chien la sauve d’une violente agression

Une Montréalaise qui se faisait battre par un ex-copain a pu compter sur l’aide de son chien, qui s’est porté à sa rescousse, laissant à la femme le temps de se réfugier dans les toilettes pour appeler au secours.

«[L’ex-copain] l’agrippait et la rouait de coups, a récemment expliqué le juge Érick Vanchestein lorsqu’il a rendu son verdict, au palais de justice de Montréal. À une occasion, l’accusé lui a serré la gorge avec un manche à balai. Il l’a également retenue au sol avec ses genoux appuyés sur elle. Il l’empêchait de crier parce qu’elle criait de toutes ses forces».

Juste après, il déclarait Marc Bouchard coupable de voies de fait et de séquestration pour une violente agression survenue en septembre 2019.

Le chien mord

À l’époque, Bouchard, 37 ans, avait organisé une fête chez lui, en présence de son ex-copine. Or, quand il ne restait plus qu’elle, une dispute a éclaté et l’homme a empêché la femme de partir. Il s’est alors mis à la battre.

«Au cours de l’altercation, le chien de la plaignante attaque l’accusé en le mordant, explique alors le juge en relatant la version de la plaignante. Elle profite de ce moment pour se dégager de l’emprise de l’accusé, prendre son cellulaire et se réfugier dans la salle de bain.»

Les policiers ont finalement secouru la femme, après que Bouchard ait réussi à sortir la plaignante de la salle de bain. Cette dernière avait des vêtements déchirés, ont constaté les policiers. Une amie de la victime est arrivée peu après et a constaté les blessures.

Plainte tardive

Lors du procès, Bouchard avait nié s’en être pris à la femme ou l’avoir frappée. La défense mettait également en doute la version de la plaignante, qui a attendu un an avant de rédiger une déclaration. Sauf que le temps n’a pas affecté la crédibilité de la femme, a tranché le juge.

«D’abord, il est fort compréhensible que la plaignante n’ait pas porté plainte le soir même, car elle avait peur et hésitait à poursuivre les procédures», a noté le magistrat.

Il a rappelé que ce délai n’était pas inhabituel dans ce genre de dossier.

Il a ensuite souligné qu’il n’y avait pas de «comportement attendu» des victimes, qui agissent différemment.

«De plus, on comprend que la plaignante a voulu mettre de côté cette affaire en tentant de reprendre sa vie normale, parce qu’elle avait peur, elle voulait même quitter Montréal», a-t-il ajouté.

Ainsi, après avoir rejeté la version de Bouchard, il a décidé de croire celle de la victime, qui était en plus appuyée par les constats des policiers. L’accusé a donc été déclaré coupable.

Bouchard reviendra à la cour en mai, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.