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Un bourreau qui avait acheté une fillette envoyé de force à l'institut psychiatrique

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Photo tirée de Facebook

Un psychoéducateur retraité qui a acheté en Afrique une fillette de huit ans pour en faire son esclave sexuelle a été envoyé de force à l’Institut Philippe-Pinel, afin d’évaluer la possibilité de le déclarer délinquant dangereux.

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« Il a une incapacité à contrôler ses pulsions, il est nécessaire d’avoir une évaluation », a commenté le juge Pierre Labelle, hier au palais de justice de Montréal.

En rendant cette décision, un nouveau processus vient d’être enclenché contre le pédophile Sylvain Villemaire, qui avait été déclaré coupable de traite de personne il y a une dizaine de jours. Car en plus d’être condamné à une longue peine de prison, il y a maintenant la possibilité qu’il soit déclaré délinquant dangereux ou à contrôler. 

Dans le pire des cas, il risquerait une peine « à durée indéterminée », c’est-à-dire qu’il resterait détenu jusqu’à ce qu’il ne représente plus un danger pour la société. 

C’est que le crime de Villemaire, un ancien psychoéducateur de Montréal-Nord âgé de 59 ans, est grave. Pendant trois ans, soit de 2015 à 2018, il a agressé sexuellement une fillette qu’il avait achetée en Afrique.

« Il possédait littéralement la victime », a dit le juge.

Vendue par sa mère 

À l’origine, Villemaire était tombé dans la mire de la police pour une affaire de pornographie juvénile. Or, le jour de la perquisition à son domicile, les enquêteurs se sont retrouvés nez à nez avec une enfant qui s’est avérée être l’esclave sexuelle de Villemaire, vendue par sa mère en Afrique.

« Lorsqu’elle n’écoutait pas ou ne faisait pas ce que l’accusé demandait, il se fâchait, il frappait dans les murs, avait dit le juge lors du verdict. Lors d’une agression, elle a dit non à l’accusé. Un appel a été fait à [la mère] et cette dernière a répondu à sa fille qu’elle devait continuer. »

La fouille de son domicile avait même permis la découverte d’un « contrat » que la petite avait signé, stipulant qu’elle devait se soumettre à lui et ne jamais rien divulguer à quiconque.

Il refuse 

Par contre, les policiers n’ont pas été en mesure de saisir un disque dur qu’ils soupçonnaient de contenir de nombreuses images de pornographie, puisque Villemaire a brûlé cet élément avant qu’il n’ait pu être saisi.

« Il partageait de la pornographie juvénile violente et graphique », a noté le juge.

Mais même s’il est envoyé à Pinel, Villemaire a fait savoir qu’il refusera de collaborer.

L’évaluation sera ainsi plus difficile, mais pas impossible, a toutefois expliqué la procureure Me Amélie Rivard.

« Les experts feront leur rapport en se basant sur son dossier carcéral, ainsi que sur la preuve déposée au procès », a-t-elle expliqué.