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Décriminaliser la possession simple de drogues

Assorted pharmaceutical medicine pills, tablets and capsules.Pills background.

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Le gouvernement fédéral manque d’audace, croit l’Association des intervenants en dépendance du Québec, qui est d’avis qu’il serait grand temps de décriminaliser la possession simple de drogue. 

« Ça embourbe le système de justice, ça embourbe le travail des policiers qui consacrent énormément de temps à cette lutte sans issue. C’est un gaspillage de fonds publics. Il est grandement temps de changer de paradigme », croit Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ). 

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a déposé le projet de loi C-22 pour réformer le Code criminel en matière de possession de drogue. Ce projet viendrait notamment abolir les peines minimales obligatoires liées à la possession et améliorer l’accès à une justice alternative pour favoriser la réinsertion sociale. 

Bien que ces amendements soient généralement « bienvenus par le milieu », la directrice générale estime qu’ils sont « largement insuffisants » pour endiguer le problème, en pleine crise de drogues contaminées et de surdoses mortelles. 

« La décriminalisation de la possession simple, ce serait un des moyens importants qui pourraient être mis en place rapidement pour contrer certaines situations qui finissent par mener à des pertes de vie », poursuit Mme Vadlamudy. 

Car malgré des milliards de dollars investis depuis des décennies, les données probantes montrent que les mesures répressives, dont les peines de prison, sont « globalement un échec », estime l’AIDQ. 

« On veut changer de posture et ouvrir la porte à un discours non stigmatisant, à des services pour travailler les causes structurelles de la pauvreté et de l'itinérance. C’est également ouvrir la porte à toutes sortes de soins de santé en dehors des considérations morales », poursuit la directrice. 

Consensus

Selon l’Association, l’usage et la possession de substances ne devraient pas être considérés comme criminels, au même titre que l’alcool et que le cannabis. La directrice précise que cet avis est généralement partagé par les acteurs du milieu et par plusieurs instances gouvernementales partout au Canada, comme la Ville de Montréal, qui a déposé une motion à cet effet en janvier. 

« Il y a une ouverture, une volonté très claire de décliner des politiques basées sur une approche de dignité, de santé et de droits humains. Par contre, est-ce qu’on ose vraiment aller vers ce qui devrait être l’évidence même, soit la décriminalisation ? Pour l’instant, force est d’admettre que non, il n’y a pas cette audace », conclut-elle.